dans le sol ; la microfaune et la microflore peuvent se trouver entièrement
détruites et le sol à proprement parler stérilisé.
Même quand le feu n’a pas une action aussi profonde, il détruit le
couvert végétal, y compris la couche de végétaux morts qui le recouvre,
génératrice de l’humus à venir. Il livre ainsi le sol à l’érosion, entre autres
au ruissellement et au lessivage des minéraux par suite de la disparition du
manteau protecteur (bien que celui-ci se reconstitue souvent assez vite dès
le début de la saison des pluies).
Envisagé strictement sous l’angle écologique et sur le plan de la
productivité primaire (végétale) du milieu, le feu de brousse est un véritable
non-sens, entièrement artificiel
41
. Il détruit en pure perte une quantité
considérable de matières vivantes et organiques, entraînant une perte
importante d’énergie pour l’ensemble de l’habitat, point sur lequel Fraser
Darling (1960) a vivement insisté. Tout se passe comme si la nature se
donnait beaucoup de mal pour produire des substances végétales que l’on
détruit avant qu’elles n’aient pu s’intégrer véritablement dans l’écosystème.
Cet auteur signale également que les plantes pérennes des savanes
africaines ne sont pas adaptées à l’alternance des saisons et que pendant la
saison sèche elles accumulent dans leur appareil souterrain les substances
élaborées migrées vers le bas. Or si le feu est déclenché trop tôt en saison
sèche – mesure souvent préconisée en raison d’avantages certains – cette
migration n’a pas encore eu le temps de s’effectuer et les substances
élaborées pendant la saison pluvieuse sont ainsi irrémédiablement perdues.
Cette perte de matière végétale est très regrettable sur le plan pastoral, en
particulier dans les régions à climat très contrasté. Gillet (1960) insiste sur
le fait que dans le centre du Tchad, le feu supprime les chaumes graminéens
transformés par la sécheresse en paille sur pied, seule source de nourriture
pour le bétail pendant la très longue saison sèche. Ce botaniste rapporte que
le survol en avion d’un ranch expérimental protégé des feux montre un
contraste saisissant entre l’abondance des pailles à l’intérieur de son
périmètre et la stérilité des terres qui l’entourent
42
.
Dans l’ensemble donc le feu produit une transformation profonde des
habitats et du faciès végétal des zones soumises à son action périodique. Si
nous suivons certains spécialistes incontestés en matière de botanique
détruites et le sol à proprement parler stérilisé.
Même quand le feu n’a pas une action aussi profonde, il détruit le
couvert végétal, y compris la couche de végétaux morts qui le recouvre,
génératrice de l’humus à venir. Il livre ainsi le sol à l’érosion, entre autres
au ruissellement et au lessivage des minéraux par suite de la disparition du
manteau protecteur (bien que celui-ci se reconstitue souvent assez vite dès
le début de la saison des pluies).
Envisagé strictement sous l’angle écologique et sur le plan de la
productivité primaire (végétale) du milieu, le feu de brousse est un véritable
non-sens, entièrement artificiel
41
. Il détruit en pure perte une quantité
considérable de matières vivantes et organiques, entraînant une perte
importante d’énergie pour l’ensemble de l’habitat, point sur lequel Fraser
Darling (1960) a vivement insisté. Tout se passe comme si la nature se
donnait beaucoup de mal pour produire des substances végétales que l’on
détruit avant qu’elles n’aient pu s’intégrer véritablement dans l’écosystème.
Cet auteur signale également que les plantes pérennes des savanes
africaines ne sont pas adaptées à l’alternance des saisons et que pendant la
saison sèche elles accumulent dans leur appareil souterrain les substances
élaborées migrées vers le bas. Or si le feu est déclenché trop tôt en saison
sèche – mesure souvent préconisée en raison d’avantages certains – cette
migration n’a pas encore eu le temps de s’effectuer et les substances
élaborées pendant la saison pluvieuse sont ainsi irrémédiablement perdues.
Cette perte de matière végétale est très regrettable sur le plan pastoral, en
particulier dans les régions à climat très contrasté. Gillet (1960) insiste sur
le fait que dans le centre du Tchad, le feu supprime les chaumes graminéens
transformés par la sécheresse en paille sur pied, seule source de nourriture
pour le bétail pendant la très longue saison sèche. Ce botaniste rapporte que
le survol en avion d’un ranch expérimental protégé des feux montre un
contraste saisissant entre l’abondance des pailles à l’intérieur de son
périmètre et la stérilité des terres qui l’entourent
42
.
Dans l’ensemble donc le feu produit une transformation profonde des
habitats et du faciès végétal des zones soumises à son action périodique. Si
nous suivons certains spécialistes incontestés en matière de botanique
