primitives humides qui lui restent réfractaires tant qu’elles ne sont pas
dégradées ; tout au plus peut-il « grignoter » leurs lisières qu’il fait reculer à
chacun de ses passages. Il n’attaque que les superficies ayant été au
préalable l’objet des défrichements humains. Mais son action se manifeste
avec plus de force sur les forêts sèches où il peut se propager sous couvert.
Bien que la question soit très débattue, il semble que dans de nombreux cas
la savane boisée représente le stade de dégradation directe de forêts sèches
denses. Il est cependant toujours difficile d’affirmer que le feu a agi comme
facteur unique et que ses effets ne sont pas combinés à ceux de
défrichements.
En revanche le feu empêche toute possibilité de retour à la forêt, sauf
exceptions dues à des conditions très particulières. Il détruit notamment les
rejets et les jeunes plants poussés pendant la saison précédente et a une
influence très nette sur les arbres qui disparaissent peu à peu sous son
attaque, sans que l’on puisse incriminer un quelconque autre facteur. Les
expériences de mise en défens ont prouvé à travers toute l’Afrique que le
terme normal de l’évolution des formations végétales ouvertes, mises à
l’abri du feu, est la reconstitution d’une forêt, parfois claire, mais différant
néanmoins toujours des stades initiaux par sa densité et la composition de
sa flore.
La transformation profonde et spectaculaire du paysage végétal dans
les zones soumises aux feux courants a frappé tous les voyageurs (voir en
particulier Aubréville, Humbert, Trochain et Gillet). Ces terres ne
comportent que des arbres très clairsemés, en mauvais état, aux formes
tourmentées, des buissons chétifs et des Graminées souvent grossières,
faciès que l’on peut interpréter comme une conséquence directe du passage
du feu et des températures élevées enregistrées au moment des brûlis
39
. Tout
végétal qui ne se trouve pas protégé par des adaptations particulières ou
d’une manière fortuite est tué à plus ou moins brève échéance. Même des
arbres de grande taille sont peu à peu attaqués, ce qui explique leur aspect
rabougri.
Le feu agit différemment selon les espèces végétales envisagées et
exerce de ce fait une sélection très nette sur la composition de la végétation
en favorisant certaines espèces dites pyrophytes. Des graines au tégument
lignifié très épais éclatent sous l’effet de la chaleur ; leur germination se
trouve ainsi accélérée du fait qu’elles se trouvent débarrassées de leurs
dégradées ; tout au plus peut-il « grignoter » leurs lisières qu’il fait reculer à
chacun de ses passages. Il n’attaque que les superficies ayant été au
préalable l’objet des défrichements humains. Mais son action se manifeste
avec plus de force sur les forêts sèches où il peut se propager sous couvert.
Bien que la question soit très débattue, il semble que dans de nombreux cas
la savane boisée représente le stade de dégradation directe de forêts sèches
denses. Il est cependant toujours difficile d’affirmer que le feu a agi comme
facteur unique et que ses effets ne sont pas combinés à ceux de
défrichements.
En revanche le feu empêche toute possibilité de retour à la forêt, sauf
exceptions dues à des conditions très particulières. Il détruit notamment les
rejets et les jeunes plants poussés pendant la saison précédente et a une
influence très nette sur les arbres qui disparaissent peu à peu sous son
attaque, sans que l’on puisse incriminer un quelconque autre facteur. Les
expériences de mise en défens ont prouvé à travers toute l’Afrique que le
terme normal de l’évolution des formations végétales ouvertes, mises à
l’abri du feu, est la reconstitution d’une forêt, parfois claire, mais différant
néanmoins toujours des stades initiaux par sa densité et la composition de
sa flore.
La transformation profonde et spectaculaire du paysage végétal dans
les zones soumises aux feux courants a frappé tous les voyageurs (voir en
particulier Aubréville, Humbert, Trochain et Gillet). Ces terres ne
comportent que des arbres très clairsemés, en mauvais état, aux formes
tourmentées, des buissons chétifs et des Graminées souvent grossières,
faciès que l’on peut interpréter comme une conséquence directe du passage
du feu et des températures élevées enregistrées au moment des brûlis
39
. Tout
végétal qui ne se trouve pas protégé par des adaptations particulières ou
d’une manière fortuite est tué à plus ou moins brève échéance. Même des
arbres de grande taille sont peu à peu attaqués, ce qui explique leur aspect
rabougri.
Le feu agit différemment selon les espèces végétales envisagées et
exerce de ce fait une sélection très nette sur la composition de la végétation
en favorisant certaines espèces dites pyrophytes. Des graines au tégument
lignifié très épais éclatent sous l’effet de la chaleur ; leur germination se
trouve ainsi accélérée du fait qu’elles se trouvent débarrassées de leurs
