estimé qu’à 1 094 milliards en 1912. De nombreuses exploitations agricoles
installées sur des sols forestiers ont dû être abandonnées du fait de l’érosion
consécutive au déboisement.
Aux États-Unis, la surface boisée comprenait primitivement environ
365 millions d’hectares sur lesquels se répartissaient plus de 1 100 variétés
d’arbres dont une centaine avait une grande valeur économique ; il n’en
reste plus que 262 et seuls 18 millions d’hectares ont conservé leur parure
forestière première
31
. On peut suivre le déplacement d’est en ouest des
centres d’exploitation, allant de la Nouvelle-Angleterre à la Pennsylvanie,
puis, vers 1870, au Wisconsin et au Minnesota, et vers le sud au début de ce
siècle. Les grands centres d’exploitation se trouvent maintenant dans
l’Ouest, les États de Washington et d’Oregon arrivant en tête depuis de
nombreuses années. Aux dévastations provoquées par l’homme et son
exploitation souvent organisée de la manière la plus irrationnelle sont
venues s’ajouter celles du feu, qui prennent parfois aux États-Unis les
proportions de véritables catastrophes nationales. En 1951, les dommages
causés par le feu étaient estimés à 46 millions de dollars. En 1952,
780 millions de pieds cubes de bois ont été détruits par 188 000 incendies
qui ont ravagé 5,6 millions d’hectares. Il ne faut de plus pas oublier les
dégâts causés par les champignons et les insectes nuisibles, dont certains
ont été importés par l’homme (« chesnut blight », causé par un champignon
introduit d’Extrême-Orient au début de ce siècle ; « blister rust » introduit
d’Allemagne). En 1952, plus de 2 000 millions de board feet
32
de bois ont
été détruits par les maladies cryptogamiques, 5 000 millions par les
insectes ; seule une faible partie de cette énorme quantité de matière
ligneuse a pu être utilisée (chiffres cités par Dasmann, 1959).
La déforestation est plus grave encore dans les régions intertropicales
déjà souvent durement touchées avant l’époque contemporaine, par
exemple en Amérique centrale, en Afrique et à Madagascar. En fait les
forêts tropicales humides sont les plus menacés de tous les milieux. Leurs
ressources en bois sont convoitées au point d’être livrées au pillage le plus
éhonté. Une sérieuse pénurie de pâte à papier sévit à l’heure actuelle et de
nouvelles méthodes permettent de transformer les bois tropicaux jadis
inutilisables. Par ailleurs, et surtout, on veut remplacer les forêts humides
des tropiques par des cultures et des pâturages, au mieux par des
peuplements monospécifiques d’essences à croissance rapide. De grossières
installées sur des sols forestiers ont dû être abandonnées du fait de l’érosion
consécutive au déboisement.
Aux États-Unis, la surface boisée comprenait primitivement environ
365 millions d’hectares sur lesquels se répartissaient plus de 1 100 variétés
d’arbres dont une centaine avait une grande valeur économique ; il n’en
reste plus que 262 et seuls 18 millions d’hectares ont conservé leur parure
forestière première
31
. On peut suivre le déplacement d’est en ouest des
centres d’exploitation, allant de la Nouvelle-Angleterre à la Pennsylvanie,
puis, vers 1870, au Wisconsin et au Minnesota, et vers le sud au début de ce
siècle. Les grands centres d’exploitation se trouvent maintenant dans
l’Ouest, les États de Washington et d’Oregon arrivant en tête depuis de
nombreuses années. Aux dévastations provoquées par l’homme et son
exploitation souvent organisée de la manière la plus irrationnelle sont
venues s’ajouter celles du feu, qui prennent parfois aux États-Unis les
proportions de véritables catastrophes nationales. En 1951, les dommages
causés par le feu étaient estimés à 46 millions de dollars. En 1952,
780 millions de pieds cubes de bois ont été détruits par 188 000 incendies
qui ont ravagé 5,6 millions d’hectares. Il ne faut de plus pas oublier les
dégâts causés par les champignons et les insectes nuisibles, dont certains
ont été importés par l’homme (« chesnut blight », causé par un champignon
introduit d’Extrême-Orient au début de ce siècle ; « blister rust » introduit
d’Allemagne). En 1952, plus de 2 000 millions de board feet
32
de bois ont
été détruits par les maladies cryptogamiques, 5 000 millions par les
insectes ; seule une faible partie de cette énorme quantité de matière
ligneuse a pu être utilisée (chiffres cités par Dasmann, 1959).
La déforestation est plus grave encore dans les régions intertropicales
déjà souvent durement touchées avant l’époque contemporaine, par
exemple en Amérique centrale, en Afrique et à Madagascar. En fait les
forêts tropicales humides sont les plus menacés de tous les milieux. Leurs
ressources en bois sont convoitées au point d’être livrées au pillage le plus
éhonté. Une sérieuse pénurie de pâte à papier sévit à l’heure actuelle et de
nouvelles méthodes permettent de transformer les bois tropicaux jadis
inutilisables. Par ailleurs, et surtout, on veut remplacer les forêts humides
des tropiques par des cultures et des pâturages, au mieux par des
peuplements monospécifiques d’essences à croissance rapide. De grossières
