rapidement (siltage) ; cet « encrassement » a des conséquences profondes
sur l’équilibre physique et biologique des milieux aquatiques. Enfin
l’érosion accélérée modifie le régime des eaux (diminution de l’infiltration,
baisse des nappes phréatiques, instauration d’un régime torrentiel avec
crues brutales des cours d’eau), ce qui accentue les processus de
dégradation des terres, variables à l’infini en fonction de facteurs très
divers, notamment le relief, la nature des sols, le régime climatique et l’état
de la couverture végétale.
Les habitats naturels offrent une résistance notablement plus grande à
l’érosion que les habitats transformés par l’homme, surtout si ceux-ci ne
comportent qu’un tapis végétal clairsemé ou temporaire. La forêt, avec
sous-bois, constitue à ce point de vue le plus efficace défenseur des sols, en
raison de la complexité du couvert végétal, allant des grands arbres au
système radiculaire puissant, enserrant la terre dans un réseau solidement
charpenté, jusqu’aux plantes herbacées aux racines formant un fin lacis.
Elle retient de ce fait l’eau de pluie, empêchant son ruissellement, et la
restitue très progressivement ; certains n’ont pas craint de comparer une
forêt à un lac de barrage. Comme le fait remarquer Furon (1947) 1 m 2 de
Mousses, pesant 1 kg à l’état normal, retient 5 kg d’eau après une forte
pluie ; dans une forêt de 10 000 ha la Mousse retient donc 500 000 m 3
d’eau à elle seule !
La prairie est, après la forêt, le milieu naturel qui protège le mieux le
sol. Les plantes herbacées possèdent un système radiculaire très efficace,
pénétrant souvent profondément et formant un feutrage au ras du sol, ainsi
protégé de la percussion des gouttes d’eau et de l’action du soleil.
En revanche la mise en culture dénude le sol et le prive, souvent
entièrement pendant une longue période de l’année, de son couvert végétal
protecteur. Le sol mis à nu est frappé par la pluie, souvent très violente dans
les pays tropicaux, qui y creuse ainsi des microcratères
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. Puis vient le
ruissellement ; seule une partie de l’eau pénètre dans le sol, le reste
s’écoulant immédiatement selon la ligne de pente, et déterminant de petits
torrents qui se chargent de particules de terre immédiatement emportées. On
a calculé que le taux de ruissellement atteint 27 % sur une terre cultivée en
Maïs, alors qu’il n’est que de 11 % sur une prairie voisine. Cette action
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