sur place, alors que les matériaux plus ténus dans lesquels ceux-ci se
trouvaient inclus ont disparu
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. L’élément liant du sol et les particules fines
sont enlevés, ce qui entraîne bien entendu un appauvrissement rapide des
terres en éléments nutritifs et une baisse du pouvoir de rétention de l’eau,
avec toutes les conséquences prévisibles sur la végétation dont la
disparition progressive aggrave les effets de la dégradation. Cette forme
d’érosion, parfois lente et insidieuse, a revêtu dans certains cas une ampleur
considérable : aux États-Unis (Connecticut), en une semaine, des pluies ont
enlevé 20 mm de sol dans un champ de tabac (perte de sol de 300 t par
hectare) ; au Kenya, une tornade de quelques heures a « raboté » une
couche uniforme de 25 mm (Hailey, in Harroy, 1944).
Mais souvent les eaux de pluie agissent moins régulièrement en raison
des effets du ruissellement, surtout manifestes au niveau de terrains
accidentés. L’eau qui ne pénètre pas dans le sol se répartit en filets qui
s’écoulent suivant les lignes de plus grande pente et déterminent un réseau
de petites rainures parallèles par où se déversent de minuscules torrents
formant en aval des cônes de déjection à leur échelle. Le flot rapide et
impétueux se charge de particules de plus en plus grosses. On réserve à ce
phénomène le nom d’érosion en rigoles (rill erosion).
Bientôt, l’évolution s’accentue à cause des progrès du creusement. On
aboutit à la formation de ravins profonds, voire de petites vallées, par où
s’engouffrent à chaque pluie des torrents aux effets spectaculaires. Le
ravinement, ou érosion ravinante (gully erosion), est sans aucun doute la
forme la plus spectaculaire et la plus rapide de ce phénomène, surtout dans
les régions soumises à des pluies intermittentes et violentes, en particulier
sous le climat méditerranéen ou tropical. Un simple repli de terrain peut en
quelques années devenir un ravin de plusieurs dizaines de mètres vers
lequel convergent les eaux collectées dans un bassin de vaste superficie.
Non seulement le sol est enlevé, mais la roche mère sous-jacente se trouve
elle-même profondément entamée.
Enfin l’érosion peut également se manifester par des mouvements de
masse, le sol se déplaçant par paquets entiers et non plus grain par grain.
Ceux-ci ont pour cause la mise en déséquilibre du sol, consécutive à un
affouillement ou à la saturation des terres, soit en surface, soit en
profondeur au-dessus d’un horizon imperméable (dans ce dernier cas une
masse de terrain glisse comme sur une surface lubrifiée). Ils se présentent
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