dégradation s’étendait alors chaque jour sur environ 600 ha (dont 120 ha de
terres cultivées), soit 220 000 ha par an. Chaque année, l’érosion enlevait
2,7 milliards de tonnes de matériaux des champs et des pâturages des ÉtatsUnis, 650 millions de tonnes par le seul Mississippi. Même si l’on défalque
ce qu’aurait emporté l’érosion naturelle, ces chiffres impressionnants
mesurent l’appauvrissement d’un pays encore presque intact il y a un siècle
et demi ; les dégâts de cette érosion se montaient à 400 millions de dollars
(de 1939), sans compter les préjudices secondaires (régime des eaux,
navigation, inondations, etc.).
De telles considérations pourraient être répétées à propos de toutes les
parties du monde, surtout de la région méditerranéenne, si anciennement
malmenée
22
, et même de l’Europe occidentale et moyenne où pourtant des
pratiques culturales séculaires et hautement conservatrices devraient avoir
limité les dégâts. Ainsi en France (fig. 34), 5 millions d’hectares, dont
2,8 millions se trouvent au sud d’une ligne reliant Andorre à Modane,
montrent des signes d’érosion (500 000 ha sont affectés par l’érosion
éolienne, le reste par les effets des précipitations), non seulement par
appauvrissement en matière organique, mais aussi par transport de la
couche arable (enquête du ministère de l’Agriculture ; voir Hénin et
Gobillot, C. R. Acad. Sci., Paris, 1950).
L’érosion accélérée est encore beaucoup plus perceptible dans les
régions intertropicales, où contrairement à l’opinion généralement
répandue, les sols sont beaucoup moins fertiles et infiniment plus fragiles
que dans les régions tempérées.
terres cultivées), soit 220 000 ha par an. Chaque année, l’érosion enlevait
2,7 milliards de tonnes de matériaux des champs et des pâturages des ÉtatsUnis, 650 millions de tonnes par le seul Mississippi. Même si l’on défalque
ce qu’aurait emporté l’érosion naturelle, ces chiffres impressionnants
mesurent l’appauvrissement d’un pays encore presque intact il y a un siècle
et demi ; les dégâts de cette érosion se montaient à 400 millions de dollars
(de 1939), sans compter les préjudices secondaires (régime des eaux,
navigation, inondations, etc.).
De telles considérations pourraient être répétées à propos de toutes les
parties du monde, surtout de la région méditerranéenne, si anciennement
malmenée
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, et même de l’Europe occidentale et moyenne où pourtant des
pratiques culturales séculaires et hautement conservatrices devraient avoir
limité les dégâts. Ainsi en France (fig. 34), 5 millions d’hectares, dont
2,8 millions se trouvent au sud d’une ligne reliant Andorre à Modane,
montrent des signes d’érosion (500 000 ha sont affectés par l’érosion
éolienne, le reste par les effets des précipitations), non seulement par
appauvrissement en matière organique, mais aussi par transport de la
couche arable (enquête du ministère de l’Agriculture ; voir Hénin et
Gobillot, C. R. Acad. Sci., Paris, 1950).
L’érosion accélérée est encore beaucoup plus perceptible dans les
régions intertropicales, où contrairement à l’opinion généralement
répandue, les sols sont beaucoup moins fertiles et infiniment plus fragiles
que dans les régions tempérées.
