est nettement plus basse. Certains quartiers comptent 38 600 habitants au
km 2 à Chicago ; 69 500 à Londres ; 92 700 à Tokyo et 302 600 à Hong
Kong dont l’encombrement est à nul autre pareil. Il s’agit donc de véritables
termitières humaines qui préfigurent ce que seront les « mégalopolis » de
demain.
On remarquera d’ailleurs que l’extension des villes se fait souvent au
détriment d’excellentes terres agricoles. Les agglomérations établies
primitivement au cœur de régions riches ou sur des voies de communication
ont tendance naturelle à s’étaler sur les plaines où les problèmes de
construction et d’aménagement sont moins ardus à résoudre
17
.
Une autre conséquence de ce développement monstrueux des villes a
été de leur faire perdre leur âme ; aucune de ces grandes agglomérations ne
peut, et ne pourra jamais plus dans sa forme présente constituer une
communauté humaine, ou même un agrégat de communautés. Comme l’a
affirmé Le Corbusier
18
, « une rupture brutale, unique dans les annales de
l’histoire, vient de détacher en trois quarts de siècle toute la vie sociale de
l’Occident de son cadre relativement traditionnel et remarquablement
accordé à la géographie ». La cité comme le village sont déséquilibrés et
ont perdu leurs qualités d’organismes urbains cohérents. La vie des citadins
a donc cessé de devenir une vie communautaire, ce qu’elle fut pendant des
siècles, pour devenir une vie en commun, puis une existence
concentrationnaire. Cette évolution a les plus graves répercussions sociales.
Le gigantisme des villes a de plus déterminé la nature même de
l’habitat humain. Les hommes ont dorénavant à choisir entre un
encasernement dans des « boîtes à loger » ou l’hébergement dans de petites
maisons individuelles implantées de plus en plus loin de leur lieu de travail,
ce qui implique chaque jour des pertes de temps considérables, sans
compter la fatigue physique et nerveuse. Le coût de l’habitat (construction,
voirie, canalisations, transports, gestion urbaine) augmente bien plus vite
que le nombre d’habitants au-delà d’un certain seuil. L’énergie et les
capitaux ainsi dilapidés en pure perte dépassent toute évaluation.
L’atmosphère physique des villes est tout aussi mauvaise. Les
pollutions atmosphériques, le bruit de la rue, de l’atelier et des habitations
19
,
la vie en commun et ses servitudes ménagères, ont déterminé des conditions
écologiques malsaines pour notre espèce, qui avait vécu jusqu’en des temps
km 2 à Chicago ; 69 500 à Londres ; 92 700 à Tokyo et 302 600 à Hong
Kong dont l’encombrement est à nul autre pareil. Il s’agit donc de véritables
termitières humaines qui préfigurent ce que seront les « mégalopolis » de
demain.
On remarquera d’ailleurs que l’extension des villes se fait souvent au
détriment d’excellentes terres agricoles. Les agglomérations établies
primitivement au cœur de régions riches ou sur des voies de communication
ont tendance naturelle à s’étaler sur les plaines où les problèmes de
construction et d’aménagement sont moins ardus à résoudre
17
.
Une autre conséquence de ce développement monstrueux des villes a
été de leur faire perdre leur âme ; aucune de ces grandes agglomérations ne
peut, et ne pourra jamais plus dans sa forme présente constituer une
communauté humaine, ou même un agrégat de communautés. Comme l’a
affirmé Le Corbusier
18
, « une rupture brutale, unique dans les annales de
l’histoire, vient de détacher en trois quarts de siècle toute la vie sociale de
l’Occident de son cadre relativement traditionnel et remarquablement
accordé à la géographie ». La cité comme le village sont déséquilibrés et
ont perdu leurs qualités d’organismes urbains cohérents. La vie des citadins
a donc cessé de devenir une vie communautaire, ce qu’elle fut pendant des
siècles, pour devenir une vie en commun, puis une existence
concentrationnaire. Cette évolution a les plus graves répercussions sociales.
Le gigantisme des villes a de plus déterminé la nature même de
l’habitat humain. Les hommes ont dorénavant à choisir entre un
encasernement dans des « boîtes à loger » ou l’hébergement dans de petites
maisons individuelles implantées de plus en plus loin de leur lieu de travail,
ce qui implique chaque jour des pertes de temps considérables, sans
compter la fatigue physique et nerveuse. Le coût de l’habitat (construction,
voirie, canalisations, transports, gestion urbaine) augmente bien plus vite
que le nombre d’habitants au-delà d’un certain seuil. L’énergie et les
capitaux ainsi dilapidés en pure perte dépassent toute évaluation.
L’atmosphère physique des villes est tout aussi mauvaise. Les
pollutions atmosphériques, le bruit de la rue, de l’atelier et des habitations
19
,
la vie en commun et ses servitudes ménagères, ont déterminé des conditions
écologiques malsaines pour notre espèce, qui avait vécu jusqu’en des temps
