On sait que, chez les animaux, les facteurs limitant leur importance
numérique sont aussi bien d’ordre psychologique qu’écologique. Souvent
une population de Vertébrés se trouve limitée dans sa multiplication par des
interactions sociales, bien avant que les effets d’une pénurie alimentaire
véritable ne se fassent sentir. L’espèce humaine n’échappe pas à cette règle,
en dépit du grégarisme dont elle fait preuve depuis ses lointaines origines.
Cet aspect « bio-social » sera évoqué brièvement ici, sans que nous
entrions dans le détail de considérations sociologiques, pourtant fort
intéressantes à suivre quant à l’évolution de l’habitat humain en fonction de
la transformation de la face de la terre.
Un calcul simple permet de constater, rappelons-le, que si la
population humaine continuait à s’accroître au rythme actuel, il y aurait
environ un homme au mètre carré de terre émergée (Antarctique mis à part)
d’ici 600 ans environ. Comme l’a fait remarquer François Bourlière, auquel
nous empruntons certaines données de ce paragraphe, même si ces hommes
arrivaient à se nourrir (à l’aide d’aliments synthétiques bien entendu !), il
leur faudrait établir un roulement pour se coucher, et absorber des doses
considérables de tranquillisants pour combattre les névroses consécutives à
leur entassement.
Ce stade ne sera bien entendu jamais atteint. De graves problèmes
apparus bien plus précocement auront été résolus d’une manière violente, ce
qui diminuera du coup les effectifs de notre espèce.
L’augmentation massive de la population humaine, jointe à
l’industrialisation et à l’évolution économique du monde moderne, a
cependant déjà conduit à une urbanisation de plus en plus poussée. Les cités
tentaculaires s’étendent au point de devenir monstrueuses
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. Toutes les
grandes villes d’Europe occidentale prennent une ampleur telle que de
nombreux problèmes pratiques revêtent chaque jour une urgence plus
grande (celui du transport n’en est qu’un des plus immédiats). On prévoit
que d’ici peu d’années les agglomérations établies d’Amsterdam à la
frontière belge ne formeront plus qu’une seule ville. Aux États-Unis, les
grandes cités de l’Est se réuniront elles aussi pour former une gigantesque
fourmilière, comme des signes avant-coureurs le laissent dès maintenant
prévoir.
La densité de population atteint déjà des chiffres énormes dans
quelques districts, même si la moyenne pour l’ensemble d’une même ville
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