D’une manière à première vue surprenante, ce n’est que dans les
derniers temps que la faim a cessé d’être considérée comme une fatalité
inéluctable. Les raisons en sont multiples, une des plus évidentes étant que
la diététique est une science relativement neuve. Une connaissance exacte
des besoins énergétiques de l’homme n’a remplacé un empirisme plein
d’erreurs que depuis le début de ce siècle à peine. Et ce n’est que plus
récemment encore que l’on a mis sur le compte de la malnutrition une série
de désordres pathologiques, physiologiques et même sociaux attribués
jusqu’alors à des causes plus immédiates ou au contraire plus mystérieuses.
Les physiologistes nous apprennent que l’homme et les animaux
fonctionnent comme des machines auxquelles on doit fournir une quantité
donnée d’énergie pour leur permettre de se maintenir en vie (ration
d’entretien) et pour effectuer un certain travail. Cette quantité de
« combustible » nécessaire à faire fonctionner le « moteur » organique
s’évalue en calories fournies par les aliments. La ration calorifique
journalière nécessaire à l’homme adulte, variable en fonction d’éléments
divers (milieu ambiant, travail physique effectué), se trouve d’une manière
générale comprise entre 2 300 et 3 800 calories, parfois plus.
Le bilan alimentaire d’un individu ne se mesure toutefois pas
seulement en calories. La machine humaine a besoin d’énergie, mais aussi
de substances déterminées, destinées à former ou à entretenir des tissus en
perpétuel remaniement. Comme l’organisme ne les synthétise pas et qu’ils
ne peuvent se substituer les uns aux autres, il est donc nécessaire de fournir
à chaque humain une ration équilibrée où se retrouve en quantités
minimales chacune des substances indispensables à couvrir les exigences
spécifiques. Certaines ne sont nécessaires qu’à très faibles doses (minéraux,
oligo-éléments, vitamines, quelques acides aminés) ; leur absence inhibe
néanmoins complètement le fonctionnement physiologique normal à plus
ou moins brève échéance et entraîne des troubles graves.
Il existe donc en fait deux sortes de faims, l’une énergétique relative à
une insuffisance calorifique (faim globale), l’autre spécifique qualifiée de
carence alimentaire ou de malnutrition. Ces deux aspects se confondent en
pratique dans le cas des famines aiguës ou chroniques dont souffre
l’humanité, avec cependant des effets distincts.
Les faims spécifiques sont à certains points de vue les plus
meurtrières. Les maladies de carence, qui se combinent souvent entre elles,
derniers temps que la faim a cessé d’être considérée comme une fatalité
inéluctable. Les raisons en sont multiples, une des plus évidentes étant que
la diététique est une science relativement neuve. Une connaissance exacte
des besoins énergétiques de l’homme n’a remplacé un empirisme plein
d’erreurs que depuis le début de ce siècle à peine. Et ce n’est que plus
récemment encore que l’on a mis sur le compte de la malnutrition une série
de désordres pathologiques, physiologiques et même sociaux attribués
jusqu’alors à des causes plus immédiates ou au contraire plus mystérieuses.
Les physiologistes nous apprennent que l’homme et les animaux
fonctionnent comme des machines auxquelles on doit fournir une quantité
donnée d’énergie pour leur permettre de se maintenir en vie (ration
d’entretien) et pour effectuer un certain travail. Cette quantité de
« combustible » nécessaire à faire fonctionner le « moteur » organique
s’évalue en calories fournies par les aliments. La ration calorifique
journalière nécessaire à l’homme adulte, variable en fonction d’éléments
divers (milieu ambiant, travail physique effectué), se trouve d’une manière
générale comprise entre 2 300 et 3 800 calories, parfois plus.
Le bilan alimentaire d’un individu ne se mesure toutefois pas
seulement en calories. La machine humaine a besoin d’énergie, mais aussi
de substances déterminées, destinées à former ou à entretenir des tissus en
perpétuel remaniement. Comme l’organisme ne les synthétise pas et qu’ils
ne peuvent se substituer les uns aux autres, il est donc nécessaire de fournir
à chaque humain une ration équilibrée où se retrouve en quantités
minimales chacune des substances indispensables à couvrir les exigences
spécifiques. Certaines ne sont nécessaires qu’à très faibles doses (minéraux,
oligo-éléments, vitamines, quelques acides aminés) ; leur absence inhibe
néanmoins complètement le fonctionnement physiologique normal à plus
ou moins brève échéance et entraîne des troubles graves.
Il existe donc en fait deux sortes de faims, l’une énergétique relative à
une insuffisance calorifique (faim globale), l’autre spécifique qualifiée de
carence alimentaire ou de malnutrition. Ces deux aspects se confondent en
pratique dans le cas des famines aiguës ou chroniques dont souffre
l’humanité, avec cependant des effets distincts.
Les faims spécifiques sont à certains points de vue les plus
meurtrières. Les maladies de carence, qui se combinent souvent entre elles,
