taux des naissances est liée étroitement à la sous-alimentation –, ont
conduit ici encore à une optique faussée, déformée par des incidences
passionnelles. Les origines des pays dits sous-développés tiennent souvent à
leur propre pouvoir surtout destructeur, à l’attention qu’ils n’ont pas su
prêter à la sauvegarde de leurs sols, à la lutte contre l’érosion, sans cesse
plus envahissante et qui se montre plus active sur les habitats créés par
l’homme, ou contre la déforestation, contre le colmatage des barrages,
contre l’épuisement des terres, contre l’assèchement des marais, contre
certains procédés de culture, itinérante ou extensive, et, pour les pays
surdéveloppés comme le nôtre, à l’inertie vis-à-vis des pollutions, au
gaspillage, à la suppression des refuges – les haies, les boqueteaux, les
tourbières –, à l’emploi aveugle des antiparasitaires.
M. Dorst saura également, en diverses occasions que nous offre son
manuscrit, mettre en avant l’aspect moral ou esthétique des conséquences
de cet immense sujet que constituent la prolifération de l’espèce humaine et
les dégâts qui sont à la mesure de sa puissance, de ses moyens. Les
conclusions de ce chapitre pourraient tenir en deux phrases. À propos de la
pullulation urbaine, celle de M. Dorst mérite d’être rappelée : « Une
conséquence de ce développement monstrueux des villes a été de leur faire
perdre leur âme. » Et nous ajouterons : « Une politique de surnatalité
aurait pour effet d’entraîner la France vers la situation des pays sousdéveloppés, alors que certains en attendent l’inverse. » Nous voulons
espérer que les plans d’aménagement du territoire s’inspireront, non plus
de la prétendue nécessité de la démoustication, par exemple, dont la
disproportion entre la cause et les effets permet de mesurer à la fois la
gravité des résultats, et l’ampleur du ridicule qui en est à la base, mais de
réalisations, de conceptions, de compromis sérieusement établis, reposant
sur les conseils, non plus seulement d’architectes, de technocrates ou
d’économistes, mais d’écologistes, de biologistes, d’agronomes compétents,
de forestiers, de médecins. Nous sommes persuadé pour notre part, comme
le professeur Dorst, que ce concept d’aménagement, enfin introduit par le
gouvernement dans l’étude du devenir de notre territoire, pourrait marquer
une étape décisive et heureuse. Mais si le terme d’aménagement,
contrairement au mot nébuleux de prospective, peut être appuyé sur la
réalité des faits, nous n’avons pas encore l’assurance que les pressions de
l’incompétence n’éloignent les résultats du but initial. Les parlementaires et
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