l’acquis. Il a évité certaines généralisations, sachant la complexité des
questions examinées. Certes, il sera aisé à quelque individu de mauvaise
foi, quelque journaliste incompétent, quelque fonctionnaire prisonnier
d’intérêts privés, d’user d’une technique commune mais transparente en
prélevant çà et là, dans cette œuvre remarquable, des phrases isolées qui,
retirées de leur contexte, apparaîtraient contraires au sentiment même de
l’auteur, défigurant ou contredisant ses convictions dont les exemples
implacables sont les données de base. Nous pensons notamment aux
précautions qu’il prend visant la chimie de synthèse – l’une des provinces
les plus fécondes que les investigations des hommes de science aient
labourée – et les dangereux antiparasitaires de cette nature ; M. Dorst, fort
heureusement, n’a pas confondu l’intérêt avec l’usage excessif qu’on en fait
souvent, ou l’insuffisance du contrôle dont on frappe de tels produits. Nous
songeons aussi aux possibilités tirées de la faune des océans, domaine
ouvert à toutes les exagérations, à toutes les surenchères, et dont, en
définitive, il reste bien peu en ce qui concerne les possibilités nutritives
apportées au fourmillement humain, sinon l’ignorance, bref rien qui soit
digne de l’espoir de découvrir une solution à cette quadrature du globe.
De même, M. Dorst s’est exprimé sans ambages sur la gravité d’une
explosion démographique à laquelle bien des pays sont aujourd’hui
exposés. Certes, il n’abordera pas de front cette question pour ce qui est du
nôtre, où, déjà, les conséquences préoccupantes de cette enflure se font
sentir, montrant l’impuissance explicable des pouvoirs publics à faire face à
des obligations disproportionnées avec nos moyens, que ce soit
l’enseignement, la construction, le réseau routier, l’hospitalisation, et le
budget, tandis que d’autre part la destruction des sites, des côtes, la
pénétration des habitations dans les forêts, l’imposition des grands
ensembles immobiliers, dilacèrent, épuisent, déforment, labourent,
uniformisent la Nature telle que les hommes, en accord avec elle, l’avaient
conservée pour notre bonheur. L’auteur sait bien que le problème de la faim
n’est pas la seule raison d’où naissent des inquiétudes chaque jour mieux
affirmées. Des facteurs politiques, inspirés d’un anticolonialisme primaire
et démodé, comme ceux que mettent en avant des économistes tendancieux
– je pense à M. Josué de Castro –, des raisons d’ignorance aussi – dont les
grands organismes internationaux se sont fait les tremplins –, des
affirmations gratuites – comme celles qui prétendent que l’augmentation du
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