physionomiques et leur biologie, ont toujours été accompagnées d’un souci
profond de leur protection, successeur de l’éminent naturaliste, le
professeur Jacques Berlioz, qui, lui aussi, a apporté une pierre pesante à
l’édifice, sans cesse colmaté, élevé par les défenseurs des équilibres
naturels, M. Jean Dorst offre non seulement derrière lui, et déjà, une longue
liste de publications variées où les études rigoureuses et originales
voisinent avec les prolongements didactiques de haute vulgarisation, mais
aussi les raisons d’un savoir enrichi au contact de la Nature sauvage, en
Amérique du Sud, en Afrique tropicale et australe, et ailleurs. Il a joué un
rôle cardinal dans les enquêtes préliminaires qui ont permis de réaliser
l’espoir formulé il y a une dizaine d’années de sauver la faune et la flore de
cet étrange archipel des Galapagos, primitif, antédiluvien, peuplé d’êtres
quasi fantasmagoriques, ultimes reliques vivantes d’un passé que l’Homme
lui-même n’a pas connu. Désormais, grâce en grande partie à ses rapports
de missions, le centre d’études international que nous avions souhaité a pu
être édifié en ce lieu dont les humains du XX e siècle feront – nous voulons
encore l’espérer – le temple respecté et sanctifié livré par eux-mêmes, avec
leur promesse de le vénérer, comme une offrande suprême de l’Homme à la
Nature. M. Dorst préside aujourd’hui le comité qui régit le fonctionnement
de cette station Charles-Darwin portant le nom du grand naturaliste
puisque celui-ci avait puisé aux Galapagos des éléments essentiels à
l’édification et à la maturation de sa doctrine évolutionniste.
Ainsi, le présent livre est tel qu’on pouvait l’espérer, et mieux encore.
Il est largement ouvert sur toutes les faces d’un roc, qui hélas ! se délite
sans cesse, exposé aux flots sauvages de la destruction. Il est fortifié par
une documentation renouvelée, ou triée, ou inédite, aussi abondante que
captivante. Il apparaît à la fois sévère et raisonnable, ne butant pas sur ce
qui exigerait l’impossible ; il se montre prêt à engager un parti où le
compromis sauvegarderait l’essentiel. Il est marqué encore de
considérations et du fruit de réflexions qui prouvent la sensibilité de
l’auteur, sa large accession aux aspects philosophiques et moraux du
thème. Il n’est empreint d’aucun accent de vivacité passionnelle, mais bien
seulement de raison rigoureuse, inattaquable, souvent d’autant plus
cinglante qu’elle est traduite sans excès, comme venue naturellement d’un
jugement scientifiquement établi, objectivement atteint dans les limites de
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