l’affranchissant d’une dépendance strictement biologique. Les échanges
commerciaux se multipliaient et les denrées affluaient en Europe.
Simultanément divers mobiles économiques et politiques
déterminaient un fort courant d’immigration dirigé avant tout vers les terres
vierges de l’hémisphère occidental. On sait qu’une population animale
introduite dans un nouveau milieu y prolifère rapidement, un grand nombre
de facteurs limitants, notamment la quantité de nourriture disponible, se
trouvant supprimés. C’est ce qui se passa en Amérique du Nord, où le taux
de natalité fut tout de suite très élevé, entraînant, avec une immigration
accélérée, une augmentation rapide des populations humaines.
Dans la zone de civilisation européenne – c’est-à-dire l’Europe, l’Asie
russe, l’Amérique et l’Océanie – on assista dès lors à un début de poussée
démographique due à un taux élevé d’accroissement naturel en accélération
depuis le XVI e jusqu’à la seconde moitié du XIX e siècle. En Europe, dès le
XVIII e siècle, l’excédent des naissances sur les décès devint constant en
dépit de fluctuations provoquées par divers facteurs économiques et
politiques
3
. Ces circonstances expliquent la lente, mais constante
augmentation des populations européennes, avec des taux divers selon les
pays, rarement entrecoupée d’importantes diminutions
4
.
Dans les autres parties du monde où s’est manifestée l’expansion de la
race blanche, l’augmentation de la population humaine est souvent
beaucoup plus importante encore. En Amérique du Nord, le taux
d’accroissement naturel était plus élevé qu’en Europe au début du
XIX e siècle ; puis il baissa jusqu’à la Première Guerre mondiale, cet effet
étant cependant compensé par une forte immigration. Il est demeuré bas,
car, en 1966, on a enregistré un accroissement de 1,15 ‰ seulement. En
Amérique du Sud, l’accroissement de la population a été bien plus rapide.
Au Brésil, l’augmentation est de 131 % de 1840 à 1890, et de 190 % de
1890 à 1940, correspondant à un taux d’accroissement naturel annuel de
16,9 ‰. Pour l’ensemble de l’Amérique latine, ce taux est en moyenne de
19 ‰ de 1920 à 1950. Au Mexique, il passa de 6 ‰ en 1922, à 17 ‰ en
1932, à 19 ‰ en 1937, à 29 ‰ en 1947, et à 34 ‰ pour 1960-1965. Cet
accroissement rapide de la population latino-américaine s’explique parfois
par une importante immigration (par exemple au Brésil) ; mais ses vraies
commerciaux se multipliaient et les denrées affluaient en Europe.
Simultanément divers mobiles économiques et politiques
déterminaient un fort courant d’immigration dirigé avant tout vers les terres
vierges de l’hémisphère occidental. On sait qu’une population animale
introduite dans un nouveau milieu y prolifère rapidement, un grand nombre
de facteurs limitants, notamment la quantité de nourriture disponible, se
trouvant supprimés. C’est ce qui se passa en Amérique du Nord, où le taux
de natalité fut tout de suite très élevé, entraînant, avec une immigration
accélérée, une augmentation rapide des populations humaines.
Dans la zone de civilisation européenne – c’est-à-dire l’Europe, l’Asie
russe, l’Amérique et l’Océanie – on assista dès lors à un début de poussée
démographique due à un taux élevé d’accroissement naturel en accélération
depuis le XVI e jusqu’à la seconde moitié du XIX e siècle. En Europe, dès le
XVIII e siècle, l’excédent des naissances sur les décès devint constant en
dépit de fluctuations provoquées par divers facteurs économiques et
politiques
3
. Ces circonstances expliquent la lente, mais constante
augmentation des populations européennes, avec des taux divers selon les
pays, rarement entrecoupée d’importantes diminutions
4
.
Dans les autres parties du monde où s’est manifestée l’expansion de la
race blanche, l’augmentation de la population humaine est souvent
beaucoup plus importante encore. En Amérique du Nord, le taux
d’accroissement naturel était plus élevé qu’en Europe au début du
XIX e siècle ; puis il baissa jusqu’à la Première Guerre mondiale, cet effet
étant cependant compensé par une forte immigration. Il est demeuré bas,
car, en 1966, on a enregistré un accroissement de 1,15 ‰ seulement. En
Amérique du Sud, l’accroissement de la population a été bien plus rapide.
Au Brésil, l’augmentation est de 131 % de 1840 à 1890, et de 190 % de
1890 à 1940, correspondant à un taux d’accroissement naturel annuel de
16,9 ‰. Pour l’ensemble de l’Amérique latine, ce taux est en moyenne de
19 ‰ de 1920 à 1950. Au Mexique, il passa de 6 ‰ en 1922, à 17 ‰ en
1932, à 19 ‰ en 1937, à 29 ‰ en 1947, et à 34 ‰ pour 1960-1965. Cet
accroissement rapide de la population latino-américaine s’explique parfois
par une importante immigration (par exemple au Brésil) ; mais ses vraies
