Tous les autres pays méditerranéens ont fait des efforts visant à assurer
une protection de leur faune et de leur flore sauvage. De la péninsule
Ibérique à la Grèce, des réserves ont été aménagées avec des succès divers.
En Espagne existent plusieurs parcs nationaux ou réserves, où sont protégés
les animaux, en particulier les Bouquetins espagnols, et la faune aquatique
des marais du Guadalquivir. Si la Yougoslavie possède encore des étendues
demeurées sauvages sur une bonne partie de son étendue, elle n’en a pas
moins créé des parcs nationaux destinés à protéger certains des sites les plus
célèbres et les formations végétales les plus typiques de ce pays de
transition. La riche faune – qui comprend encore l’Ours, le Chamois, le
Loup et de nombreux grands Rapaces – est elle aussi protégée d’une
manière satisfaisante.
La Grèce est célèbre pour sa flore autochtone, une des plus riches de
toute l’Europe en raison d’un degré d’endémisme très élevé et d’apports
floristiques d’origine variée. Certains des animaux sont eux aussi fort
intéressants ; en particulier les Chèvres aegagres, différenciées en races
locales dans certaines des îles de la mer Égée. De multiples difficultés sont
venues compliquer la tâche des protecteurs de la nature qui ont néanmoins
réussi à mettre à leur actif l’aménagement d’un parc national au mont
Parnes, mettant ainsi à l’abri un des massifs montagneux les plus fameux de
Grèce. Les Grecs ont par ailleurs créé un parc national en Crète (Samarias)
et pris une série de mesures pour la protection des Caprins sauvages des îles
méditerranéennes (voir Schultze-Westrum, Säugetierkundl. Mitt., 11, 1963 :
145-182).
L’Europe moyenne et septentrionale a elle aussi de multiples réserves,
souvent plus efficacement gardées que celles de l’Europe méridionale.
L’Autriche a aménagé plusieurs réserves, entre autres le fameux lac de
Neusiedl, au sud de Vienne, où vivent de nombreux oiseaux aquatiques et
diverses zones dans les Alpes autrichiennes où les plantes jouissent d’une
protection complète. La République fédérale allemande a aménagé un très
grand nombre de réserves couvrant une superficie totale d’environ
161 140 ha, protégeant des sites ou des stations remarquables par leur faune
et leur flore. L’Allemagne de l’Est a classé les habitats d’espèces animales
et végétales devenues rares ; 210 réserves existent dans la République
démocratique allemande, auxquelles il faudrait ajouter de nombreux sites
naturels classés.
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