La Suisse, qui s’est montrée ouverte aux idées de protection depuis le
Moyen Âge, a créé sur son territoire une série de réserves remarquablement
bien placées, qui assurent d’une manière très efficace la protection des sites,
de la faune et de la flore
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. Dès 1914 était créé en Basse-Engadine par arrêté
fédéral un parc national, dont la superficie atteint maintenant 16 887 ha,
situé entre 1 500 et 3 173 m d’altitude. Aucune intervention humaine n’est
venue modifier l’équilibre naturel depuis cette époque. Les effectifs des
animaux ont crû rapidement, notamment celui des Cerfs ; le Bouquetin,
réintroduit en 1920, après avoir été entièrement exterminé, y prospère, ainsi
que le Chamois et les autres animaux de montagne, y compris les grands
Rapaces.
Sous l’égide de la Ligue suisse pour la protection de la nature, fondée
en 1909, et de divers groupements, la Suisse a su créer sur son territoire une
multitude de réserves dont beaucoup assurent plus particulièrement la
protection des oiseaux et de plantes rares. En dépit de l’exiguïté de certaines
d’entre elles, le sens civique des Suisses est le plus sûr garant de leur
intégrité.
Une réalisation dont l’Italie peut tirer la plus légitime fierté est sans
contredit le parc national du Grand Paradis, dans les Alpes du Piémont, qui
a permis le sauvetage du Bouquetin (Couturier, 1962). Ancien domaine de
chasse du roi d’Italie, ce territoire a été érigé en parc national en 1922 et
couvre une surface de 62 000 ha. Les Bouquetins, devenus rares,
prospérèrent rapidement et atteignirent 3 865 individus en 1933. Puis ils
diminuèrent à nouveau par suite des événements politiques et ne se
retrouvèrent que 419 au maximum en 1945 ; dès 1961, bénéficiant d’une
protection efficace, ils avaient regagné des effectifs de 3 479. Ils sont sans
doute même trop nombreux à l’heure actuelle (le dépassement de la
capacité limite du parc peut avoir de regrettables conséquences en cas
d’épizooties). Cet excédent de population a toutefois permis de repeupler
d’autres régions des Alpes, notamment en Suisse, en Autriche et en
Allemagne. La création d’un parc en Savoie, limitrophe sur une bonne
longueur, a permis à une fraction des populations excédentaires de s’y
établir, comme des essais spontanés de repeuplement des Alpes françaises
l’ont prouvé.
D’autres parcs nationaux et réserves existent en Italie, notamment dans
les Abruzzes. Tous ne paraissent pas avoir l’efficacité souhaitable.
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