En dépit de multiples vicissitudes politiques, et notamment de la
dernière guerre si fertile en événements tragiques, la Pologne a réalisé un
des plus beaux programmes de protection de la nature de toute l’Europe.
Une des premières réussites est le sauvetage du Bison dans la forêt de
Bialowieza. Les effectifs squelettiques qui subsistaient après la Première
Guerre mondiale ont rapidement augmenté, et des échanges ont permis
d’éviter la consanguinité. La Seconde Guerre mondiale a failli avoir des
conséquences fatales, tant par le massacre des animaux que par une
mauvaise gestion scientifique. La situation s’est maintenant rétablie, au
point que la Pologne possède actuellement le plus grand nombre
d’individus. Signalons qu’une société pour la protection du Bison d’Europe
coordonne les efforts de tous ceux qui s’occupent de l’élevage de cet
Ongulé. Mais le parc national de Bialowieza, auquel est jointe une station
biologique réputée, n’est de loin pas le seul. Douze autres sont répartis sur
le territoire polonais ; parmi eux, celui des Pieniny, sur lequel nous aurons
l’occasion de revenir, et celui des Tatras préservent de vastes districts de
haute montagne proches de la frontière tchèque. Environ 450 réserves
complètent le système des parcs et protègent des biotopes remarquables,
forêts, tourbières, marais ou formations géologiques particulières.
La Tchécoslovaquie a elle aussi à son actif de telles réalisations. Plus
de 300 réserves et parcs nationaux protègent la flore et la faune des
destructions qui menacent un pays aussi industrialisé.
Il y aurait également beaucoup à dire de ce qui a été fait en
Scandinavie, notamment en Suède, où de grands parcs nationaux,
particulièrement ceux de Padjelanta (204 000 ha), de Sarek (195 000 ha) et
celui de Stora Sjöfallet (150 000 ha) protègent une faune subarctique qui
comprend de nombreux Mammifères devenus rares à travers tout leur
habitat.
L’URSS a mis sur pied un gigantesque système de défense de la
nature, qui prolonge les efforts faits avant la révolution, notamment dans le
domaine de la protection des forêts, de la réglementation de la chasse et de
l’exploitation des animaux à fourrure. Ces mesures ont été
considérablement développées par le nouveau régime. Il existe maintenant
sur le territoire de l’URSS 93 parcs nationaux ou territoires équivalents
s’étendant sur 6 359 986 ha. Des laboratoires de recherches sont installés
dans la plupart d’entre eux, les autorités responsables ayant sagement
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