connu de la Grue blanche américaine. Il faut également y joindre un grand
nombre d’aires gérées par le service des Forêts, parmi lesquelles beaucoup
ont un statut de réserve.
De nombreuses initiatives sont également venues de la part de
particuliers ou de sociétés privées, dont la plus puissante est la National
Audubon Society, fédération de sociétés placées sous le vocable de l’illustre
naturaliste américain, père de l’ornithologie dans le Nouveau Monde. Cette
société, qui possède son propre ensemble de réserves, certaines couvrant de
grandes superficies, dispose de moyens financiers très importants qui lui
permettent d’entretenir des centres où jeunes et adultes peuvent s’initier aux
sciences naturelles et aux méthodes de protection de la nature. Cette société,
qui édite par ailleurs de nombreuses publications, peut être citée comme un
modèle d’efficacité ; sans aucun doute nul groupement privé dans le monde
entier n’aura autant fait pour la protection de la nature.
D’autres sociétés à buts locaux font elles aussi un excellent travail.
Nous citerons la Hawk Mountain Association, qui a aménagé une réserve
dans les chaînes de collines de Pennsylvanie, afin de protéger les milliers de
grands Rapaces qui en automne descendent vers le sud le long de ces tracés
de migration. Ces malheureux oiseaux faisaient l’objet d’une chasse aussi
acharnée que stupide, avant qu’une parcelle de leurs voies de migration ne
soit mise en réserve, servant d’exemple dans toute la région.
Le Canada n’a pas tardé à suivre l’exemple des États-Unis, car dès
1887, il créait son premier parc national à Banff(664 076 ha), dans les
montagnes Rocheuses. Le Jasper N. P. (1 087 000 ha), situé au nord de celui
de Banff, qui forme avec celui-ci un vaste ensemble de massifs montagneux
abritant une riche faune, notamment des Chèvres des montagnes Rocheuses
et des Mouflons du Canada. D’autres parcs situés en région basse, comme
en particulier le Prince Albert N. P. qui s’étend sur 387 464 ha dans la
Saskatchewan, donnent abri à une faune aquatique très prospère, et à des
mammifères tels que l’Élan, le Caribou et le Castor. Le Wood Buffalo N. P.,
qui s’étend sur 4 480 700 ha, héberge le seul troupeau survivant de Bisons
de forêt (Bison bison athabascae) ; la Grue blanche américaine y niche et se
trouve ainsi protégée aux deux extrémités des énormes voies de migration.
Des efforts ont également été tentés au Mexique. Malheureusement la
situation paraît loin d’être satisfaisante dans ce pays déjà très anciennement
ravagé par l’homme. Comme dans la plupart des pays latins, ses habitants
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