La plupart des Pinnipèdes ont eux aussi souffert de la chasse intensive
qui leur a été faite, surtout les Otaries à fourrure dont le pelage est fort
apprécié. Celles de Nouvelle-Zélande et d’Australie méridionale
(Arctocephalus forsteri, A. doriferus, A. tasmanicus) ont vu leurs
populations considérablement réduites et certaines de leurs colonies
entièrement dévastées au cours du siècle dernier par les phoquiers. L’Otarie
de Kerguelen A. gazella fut presque exterminée aux environs de 1850 par
un phoquier américain. Les effectifs se sont régénérés cependant, mais
furent à nouveau décimés en 1880, où pas moins de 3 000 individus furent
massacrés. Ils sont restés très faibles jusqu’à l’heure actuelle. Il en est de
même de l’Otarie du Cap A. pusillus, dont plus de 70 000 peaux étaient
envoyées annuellement à Londres à la fin du siècle dernier. Un véritable
massacre extermina des énormes colonies d’Otaries à fourrure A. p.
philippii des îles Juan Fernandez, au large du Chili (voir p. 78).
Les mêmes faits se sont répétés dans le cas de l’Otarie à fourrure des
îles Pribiloff, sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir plus loin.
Signalons aussi la raréfaction des Morses Odobaenus rosmarus ; au cours
du siècle écoulé, leurs populations du Pacifique sont passées de 200 000 à
moins de 90 000.
Il faut aussi rappeler la lamentable histoire de la Rhytine de Steller
Hydrodamalis stelleri, le plus grand des Siréniens, propre au Pacifique
nord, et plus particulièrement aux mers entourant les îles du Commandeur
au large du Kamtchatka (fig. 26). Cet animal de près de 8 m de long
fréquentait les baies peu profondes où il se nourrissait essentiellement
d’Algues (surtout de Laminaires). C’est là que Béring le rencontra en 1741.
Or en 1768, un quart de siècle à peine après sa découverte scientifique, la
Rhytine était déjà exterminée par les marins et les chasseurs de fourrure
russes. On ne la connaît d’ailleurs que d’après des squelettes, quelques
fragments de peau, des dessins et les récits des anciens voyageurs
41
.
Le Pacifique nord fut également le théâtre de l’extermination de la
Loutre de mer Enhydra lutris, animal de grande taille (pesant jusqu’à 35 kg)
spécialement adapté à la vie marine. Son pelage, particulièrement fourni,
dense et résistant, fit qu’elle fut chassée à outrance dès le milieu du
XVIII e siècle. Dès 1742, Béring lui-même retournait à Petropavlovsk avec
une cargaison de 900 peaux à bord. La Loutre de mer, abondante à cette
qui leur a été faite, surtout les Otaries à fourrure dont le pelage est fort
apprécié. Celles de Nouvelle-Zélande et d’Australie méridionale
(Arctocephalus forsteri, A. doriferus, A. tasmanicus) ont vu leurs
populations considérablement réduites et certaines de leurs colonies
entièrement dévastées au cours du siècle dernier par les phoquiers. L’Otarie
de Kerguelen A. gazella fut presque exterminée aux environs de 1850 par
un phoquier américain. Les effectifs se sont régénérés cependant, mais
furent à nouveau décimés en 1880, où pas moins de 3 000 individus furent
massacrés. Ils sont restés très faibles jusqu’à l’heure actuelle. Il en est de
même de l’Otarie du Cap A. pusillus, dont plus de 70 000 peaux étaient
envoyées annuellement à Londres à la fin du siècle dernier. Un véritable
massacre extermina des énormes colonies d’Otaries à fourrure A. p.
philippii des îles Juan Fernandez, au large du Chili (voir p. 78).
Les mêmes faits se sont répétés dans le cas de l’Otarie à fourrure des
îles Pribiloff, sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir plus loin.
Signalons aussi la raréfaction des Morses Odobaenus rosmarus ; au cours
du siècle écoulé, leurs populations du Pacifique sont passées de 200 000 à
moins de 90 000.
Il faut aussi rappeler la lamentable histoire de la Rhytine de Steller
Hydrodamalis stelleri, le plus grand des Siréniens, propre au Pacifique
nord, et plus particulièrement aux mers entourant les îles du Commandeur
au large du Kamtchatka (fig. 26). Cet animal de près de 8 m de long
fréquentait les baies peu profondes où il se nourrissait essentiellement
d’Algues (surtout de Laminaires). C’est là que Béring le rencontra en 1741.
Or en 1768, un quart de siècle à peine après sa découverte scientifique, la
Rhytine était déjà exterminée par les marins et les chasseurs de fourrure
russes. On ne la connaît d’ailleurs que d’après des squelettes, quelques
fragments de peau, des dessins et les récits des anciens voyageurs
41
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Le Pacifique nord fut également le théâtre de l’extermination de la
Loutre de mer Enhydra lutris, animal de grande taille (pesant jusqu’à 35 kg)
spécialement adapté à la vie marine. Son pelage, particulièrement fourni,
dense et résistant, fit qu’elle fut chassée à outrance dès le milieu du
XVIII e siècle. Dès 1742, Béring lui-même retournait à Petropavlovsk avec
une cargaison de 900 peaux à bord. La Loutre de mer, abondante à cette
