mers arctiques, notamment dans les océans compris entre le Spitzberg et le
nord du Canada. L’espèce chassée alors fut principalement la Baleine
boréale Balaena mysticetus, qui abondait dans ces eaux froides où les
poursuivirent des baleiniers de toutes nationalités, se livrant d’ailleurs entre
eux à une véritable guerre. Au bout de peu de temps, elles se raréfièrent
considérablement à la suite des massacres commis principalement autour du
Spitzberg. Les lieux de chasse se déplacèrent à nouveau vers le nord-ouest,
le long des côtes du Groenland et de la Terre de Baffin, principales aires de
capture au XVIII e siècle. Les prises y étaient importantes, comme en
témoignent les journaux de bord. De 1814 à 1817, pas moins de 586 navires
armés par la Grande-Bretagne capturaient 5 030 Baleines, pour la plupart
des Baleines boréales. Au cours du XIX e siècle le nombre de Baleines
diminua dans de telles proportions que bientôt leur chasse cessa d’être
rentable. À partir de 1887, il n’y eut plus dans ces parages qu’une dizaine
de navires armés pour cette chasse ; en 1911, 8 navires ne réussirent à
capturer que 7 Baleines. Depuis cette époque, les restes du troupeau
demeurés en vie et abandonnés à eux-mêmes semblent s’être à nouveau
quelque peu multipliés ; comme la densité de population reste faible,
rendant toute exploitation industrielle impossible, il ne semble pas que cette
espèce soit menacée de disparition dans l’immédiat.
Puis ce fut le tour du Cachalot Physeter catodon, surtout chassé par les
baleiniers nord-américains dans les mers chaudes du globe. Dès la seconde
moitié du XVIII e siècle, la chasse était florissante dans les mers bordant la
Nouvelle-Angleterre. L’exploitation s’étendit progressivement au monde
entier et atteignit son apogée dans la première moitié du XIX e siècle. La
diminution des effectifs et l’emploi de plus en plus généralisé de pétrole
lampant à la place d’huile de Baleine pour l’éclairage firent abandonner la
chasse au Cachalot, jamais véritablement en danger.
Une dernière phase – actuelle celle-ci – concerne la chasse aux Cétacés
antarctiques. Plusieurs espèces de Baleinoptères ou Rorquals forment à
l’heure actuelle la majeure partie du « gibier » des baleiniers. Le nombre
considérable d’individus capturés chaque année met en péril ces géants des
mers, grands fournisseurs de corps gras. Nous aurons l’occasion de revenir
sur ce point.
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