souffert de la colonisation humaine et surtout de l’impact de l’homme
moderne.
C’est avant tout le cas des Mascareignes, qui abritaient une faune
appauvrie, mais unique en son genre. Aucun mammifère n’y étant
autochtone, certains oiseaux y ont évolué à l’abri de tout prédateur, en
perdant la faculté de voler, ce qui les rend particulièrement vulnérables. Ces
îles, découvertes en 1505, demeurèrent inhabitées jusqu’au début du
XVII e siècle. Dès lors commencèrent la dégradation du couvert végétal et
la destruction de la faune. En faisant abstraction des espèces aviennes
connues seulement par des restes osseux dont l’identification reste
problématique, 24 des espèces d’oiseaux terrestres ou dulçaquicoles parmi
les 28 qui constituaient l’avifaune primitive sont sûrement éteintes à l’heure
actuelle, une des plus fortes proportions dans le monde.
Les oiseaux disparurent pour des raisons déjà fréquemment évoquées :
chasse sans frein, introduction d’animaux domestiques ultérieurement
redevenus sauvages et de divers oiseaux et mammifères
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, dégradation des
habitats et surtout déforestation massive d’îles que les premiers voyageurs
décrivent comme les jardins de l’Éden.
Les oiseaux les plus hautement différenciés étaient à coup sûr de
gigantesques Pigeons terrestres : le Dodo de l’île Maurice Raphus
cucullatus (fig. 24), le Dronte de La Réunion R. solitarius et le Solitaire de
Rodriguez Pezophaps solitarius. Ces trois oiseaux, chacun propre à une île,
étaient totalement dépourvus de la faculté de voler en raison de la réduction
extrême de leurs ailes ; leur poids, d’une cinquantaine de livres, les en
aurait d’ailleurs empêchés. Ils se placent à la fin d’une lignée surévoluée, et
ne s’étaient maintenus qu’en l’absence de tout ennemi naturel. Aucune
dépouille n’en ayant été conservée, hormis des pièces squelettiques, on ne
connaît leur apparence extérieure que par des dessins et des peintures faites
par des artistes hollandais d’après des spécimens rapportés aux Pays-Bas
aux XVI e et XVII e siècles.
Ces oiseaux sans défense servaient au ravitaillement en vivres frais des
navires, la chair de 3 ou 4 d’entre eux suffisant à nourrir tout un équipage.
On en embarquait une trentaine ou plus pour faire face aux besoins d’une
traversée. De tels prélèvements ajoutés à l’introduction de Chiens, de Chats,
de Porcs, tous redevenus sauvages ou errants, et de Macaques, pourchassant
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