moyenne à elle seule environ 500 000 kg d’ivoire par an, ce qui représente
un nombre d’Éléphants d’autant plus important que les « grands porteurs »
s’étaient déjà raréfiés. Livingstone indique qu’à cette époque le poids
moyen des défenses était de 6 à 7 kg, les chasseurs tuant indistinctement les
adultes, les jeunes et les femelles. Le trafic, qui atteignit son maximum
entre 1880 et 1910, se faisait alors surtout par les ports de l’Est africain qui
écoulaient les produits en provenance du Kenya, du Tanganyika, et du
Congo belge. Comme le rappelle Jeannin (1947), au Zaïre les défenses de
60 et 70 kg n’étaient pas rares au début de l’occupation européenne, avec
un poids moyen de 15 kg ; ce poids descendit à 10 kg en 1890, à 8 en 1910
et même à 6 kg en 1920
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.
Notons que, après une période faste au cours de laquelle les Éléphants
furent même localement trop nombreux (par exemple au parc national du
Tsavo, Kenya), l’espèce est à nouveau sur son déclin à travers toute
l’Afrique. Les principales causes en sont le braconnage, motivé par
l’augmentation du prix de l’ivoire, et la transformation des habitats, en plus
de la sécheresse.
Vers 1880, de 60 000 à 70 000 Éléphants étaient tués annuellement
pour satisfaire les exigences du marché européen ; et en fait les destructions
devaient être plus nombreuses, car une certaine proportion des défenses,
non commercialisables, était travaillée sur place.
Une régression similaire s’observa parmi les populations de
Rhinocéros. La corne de ces malheureux animaux, qui avait été à l’origine
de leur destruction en Asie, fut aussi le mobile de massacres en Afrique. Ils
diminuèrent rapidement d’abord en Afrique du Sud, puis en Afrique
orientale. Cette diminution affecta surtout le Rhinocéros blanc
Ceratotherium simum, autrefois largement répandu en Afrique du Sud
(forme typique) et aux confins du Soudan, du Congo et de l’Oubangui
(forme cottoni).
Tous les autres grands Ongulés virent leurs effectifs fondre
simultanément dans les mêmes proportions massives à la suite d’opérations
de chasses aussi destructives que stupides. La plupart du temps les
chasseurs blancs s’efforçaient d’arriver à un « tableau » aussi
impressionnant que possible, dépassant les records atteints par leurs
prédécesseurs. À cette cadence, la faune diminua rapidement et les plaines
se couvrirent de squelettes abandonnés aux Hyènes et aux Vautours. Le
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