jusque dans la péninsule du Cap au XVII e siècle. Tous ont été pratiquement
exterminés dans la partie méridionale de l’Afrique.
Ces exemples pourraient être multipliés. Ils témoignent de la
destruction systématique d’une faune d’une incroyable richesse. À part
l’Amérique du Nord et ses Bisons, on ne connaît sans doute aucun autre
exemple d’éradication à plus grande échelle. Un capital naturel inestimable
venait ainsi de disparaître dans l’espace d’un siècle à peine.
Le reste du continent africain ne tarda pas à suivre la même évolution à
mesure que s’implantaient les colons européens. Les grands mammifères
payèrent partout un très lourd tribut et régressèrent parallèlement à la
pénétration européenne.
Fig. 23. Réduction de l’aire de répartition de la Girafe Giraffa
camelopardalis à travers l’Afrique. À gauche : distribution originelle ; à
droite : distribution actuelle. Remarquer le fractionnement de l’aire de
distribution et la quasi-disparition de cet Ongulé de l’Afrique occidentale.
D’après A. Innis Dagg, Mammalia, 1962.
Cela est particulièrement net pour les Éléphants, jadis répandus sur la
totalité de l’aire habitable au sud du Sahara. Sans doute les Proboscidiens
avaient fait depuis fort longtemps l’objet d’une chasse organisée pour la
collecte de leur ivoire
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. Cette précieuse matière constituait même, avec les
esclaves, le principal produit d’échange de tous les comptoirs installés sur
la côte africaine. La traite des Noirs et celle de l’ivoire se poursuivirent
parallèlement pendant des siècles. Jusqu’à l’époque de la colonisation, la
chasse se maintint dans des limites telles que l’existence même de
l’Éléphant ne fut jamais en danger. Mais la demande en ivoire alla ensuite
en augmentant rapidement. Entre 1896 et 1910, l’Angleterre recevait en
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