oiseau hautement spécialisé. Ses populations totales seraient inférieures à
200 individus.
Parmi les oiseaux les plus spectaculaires de la Nouvelle-Zélande
figuraient en particulier les Moas ou Dinornis (fig. 15), constituant une
famille propre à cette partie du monde, oiseaux coureurs apparentés de très
loin aux Autruches, dont certaines espèces atteignaient 3,50 m de hauteur
29
.
Ces oiseaux sont connus par des restes fossiles depuis le Miocène et le
Pliocène ancien, et un grand nombre disparut bien antérieurement à
l’apparition de l’homme en Nouvelle-Zélande. Il est possible que les
Dinornis représentent dans leur ensemble une survivance archaïque dont
l’histoire était près de son achèvement à l’époque humaine, tout comme
d’autres groupes fossiles parvenus au terme de leur évolution. Mais il est
manifeste que l’homme a contribué dans une mesure certaine à leur
extinction. On a trouvé des débris appartenant à 6 espèces au moins, parmi
les 27 qui constituaient le groupe entier, dans les débris de cuisine et près
des foyers construits de main d’homme, et l’analyse du carbone 14 a montré
que ces restes remontaient au plus à 700 ans. Il est certain que les Maoris,
dont la grande invasion se situe il y a 600 ans, se sont nourris de Moas
qu’ils chassaient dans les marais et dans les savanes. On admet que les
hommes mettaient périodiquement le feu à la brousse pour faciliter leur
chasse et détruisaient simultanément les nids et les œufs. Les Moas seraient
peut-être de toute manière éteints à l’heure actuelle. Il n’en est pas moins
vrai que l’homme a contribué à la disparition de ces véritables fossiles
vivants dont il fut le contemporain jusqu’à une époque récente.
Du fait de l’absence de tout Carnivore terrestre, la Nouvelle-Zélande a
permis la différenciation d’oiseaux ayant perdu la faculté de voler et vivant
en permanence sur le sol. On peut facilement imaginer les ravages commis
parmi leurs populations par les Chiens et les Chats errants qui se sont
multipliés dès leur introduction. Aussi la plupart de ces oiseaux se sont-ils
raréfiés dans des proportions considérables (voir notamment Williams,
1962). C’est le cas des Kiwis ou Aptéryx, Ratites très hautement
spécialisés, ainsi que des Strigops, curieux Perroquets strictement
nocturnes, à allure de Chouettes (fig. 16).
Des faits analogues pourraient être évoqués à propos des Râles aux
ailes vestigiales, tels que ceux qui peuplaient jadis l’île Auckland (Rallus
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