Chapitre 12 • Les métamorphismes HP et UHP-BT : l’exemple alpin
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comme en témoignent les serpentinites issues de l’hydratation du manteau qui le
jalonnent (planche 4).
12.2 LA CARTE MÉTAMORPHIQUE
DES ALPES OCCIDENTALES
La carte métamorphique des Alpes, éditée en 2004 (Oberhänsli, 2004), est le résultat
d’un travail de synthèse considérable effectué par de nombreux géologues européens
durant les trente dernières années. Cette carte combine l’approche pétrologique,
chronologique et met l’accent sur le contexte tectonique et l’évolution géodynamique
de la chaîne. Nous aborderons succinctement l’analyse de ce document en nous
limitant aux Alpes occidentales et centrales (planche 4) et nous invitons le lecteur à
se référer à cet ouvrage pour une étude plus approfondie et plus globale du métamorphisme dans les Alpes.
• Le schéma structural
Dans les Alpes occidentales, la plaque européenne ou zone dauphinoise comprend
les massifs cristallins externes (Argentera-Mercantour, Pelvoux, Belledone-Grandes
Rousses, Mont-Blanc-Aiguilles rouges), socle hercynien sur lequel repose la couverture sédimentaire datée depuis le Carbonifère jusqu’à l’actuel. La zone dauphinoise
représente la zone externe de la chaîne ; le métamorphisme y est faible et ne dépasse
pas les conditions de bas degré du faciès Schistes verts. La limite avec les zones
internes est marquée par le chevauchement du front pennique. À l’est de celui-ci, les
zones internes montrent le passage de la marge européenne amincie au domaine
océanique. La zone briançonnaise est constituée de formations sédimentaires métamorphisées dans les conditions du faciès Schistes verts de HP. Vers le nord, dans la
région de Bourg-Saint-Maurice, s’ouvre, entre les zones dauphinoise et briançonnaise,
une portion de croûte océanique qui se prolonge vers l’est, l’océan Valaisan. Toutefois, l’origine et l’âge de ce petit océan est controversée. La zone piémontaise (ou
liguro-piémontaise) contient des portions de méta-ophiolites au sein de métasédiments
océaniques, les calcschistes, dont l’aspect lustré par l’abondance de mica blanc dans
le plan de foliation, leur a valu le nom de « Schistes lustrés ». Dans la partie ouest du
domaine piémontais, un prisme d’accrétion sédimentaire est composé principalement
de ces Schistes lustrés qui emballent de rares « boudins » hectométriques de métaophiolites. À l’est, les métaophiolites, formant des massifs plurikilométriques constitués
essentiellement de métabasaltes, de métagabbros et de métaserpentinites (massif du
Viso et massif de Zermatt-Saas), deviennent dominantes au détriment des métasédiments. Des portions de croûte continentale, fortement métamorphisées, perforent
la zone piémontaise dans sa partie orientale et apparaissent à la faveur de fenêtres
tectoniques sous celle-ci. Ce sont les massifs cristallins internes de Dora Maira, du
Grand Paradis et du Mont-Rose qui sont généralement attribués à la croûte européenne
briançonnaise. Cet ensemble est surmonté par des unités de la zone austro-alpine
(Sésia-Lanzo et Nappe de la Dent-Blanche) qui sont, semble-t-il, des portions de la
croûte continentale apulienne. Les zones internes des domaines piémontais et austro9782100522682-Nicollet.fm Page 154 Mardi, 29. décembre 2009 4:34 16
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