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12.2 • La carte métamorphique des Alpes occidentales
alpin sont hautement métamorphisées dans les conditions des faciès Schistes bleus
et Éclogite d’un gradient de HP-BT dans le domaine piémontais et dans les conditions
d’ultra-haute pression (UHP) dans les massifs cristallins internes. L’exhumation, qui
a ramené ces roches à la surface, n’a pas perturbé la disposition du prisme d’accrétion :
les unités les plus profondes et les plus chaudes sont les plus orientales.
Entre le bassin liguro-provençal et la mer Thyrénienne, la Corse a une histoire
alpine assez brève. L’île montre une coupe extrêmement réduite à travers les domaines
externes et internes de la « Corse alpine ». On passe, en l’espace de quelques kilomètres, de la « Corse hercynienne », non (ou peu) métamorphisée à l’alpin, aux nappes
ophiolitiques éclogitiques de la Castagniccia et du cap Corse (voir planche 4). Ceci
s’explique, en partie, par l’absence d’un domaine briançonnais et par une transition
brutale entre la lithosphère océanique et la lithosphère continentale sur la marge
passive de l’océan alpin. D’autre part, la subduction de la croûte océanique n’est pas
suivie en Corse de la collision continentale : la convergence s’est déplacée à l’est,
dans les Apennins, avec l’ouverture d’un bassin d’arrière arc, le bassin Tyrrhénien.
En conséquence, les zones internes n’ont pas été portées en altitude et ne constituent
pas des reliefs importants. Les méta-ophiolites se trouvent à basses altitudes, parfois
au niveau de la mer : elles ont plus de chance d’être préservées, en échappant à
l’érosion, que leurs équivalents sur le continent qui se trouvent à plus de 2000 m
d’altitude. Une situation qui présente quelques similitudes avec l’île de Groix, en
Bretagne, l’unique affleurement de taille conséquente de métamorphisme de HP-BT
dans la chaîne hercynienne en France.
• La cartographie du métamorphisme
Pour des raisons évidentes de clarté, les auteurs de la carte métamorphique des
Alpes ont choisi de ne prendre en considération que l’histoire méso-cénozoïque de
la chaîne, c’est-à-dire, l’orogenèse alpine stricto sensu. L’histoire polymétamorphique
(précambrienne, calédonienne, hercynienne), extrêmement riche, n’est pas représentée.
La carte (planche 4) indique le type de métamorphisme et le degré, caractéristiques
qui rendent compte des processus géodynamiques. Les conditions sont celles du pic
en pression, quand celui-ci coïncide avec le pic en température ou bien celles du pic en
température, lorsque celui-ci est atteint au cours de la décompression associée à une
augmentation significative de température. Quinze subdivisions sont faites dans les
différents faciès métamorphiques, représentés sur un diagramme PT ; elles sont basées
sur les principales associations minéralogiques des roches des séquences basique et
pélitique. Les couleurs sont choisies pour permettre de visualiser rapidement les
trois contextes géodynamiques principaux : jaune-bleu-violet pour la subduction ;
jaune-vert-rouge pour la collision ; orangé pour les hautes températures liées à
l’exhumation.
Dans les Alpes occidentales, la succession des couleurs jaune-vert-bleu-violet,
indique un métamorphisme croissant depuis les domaines externes, à l’ouest, vers
les domaines internes, à l’est. Il est caractérisé par un gradient de HP-BT, depuis les
faibles degrés du faciès Schistes verts jusqu’aux conditions d’ultra-hautes pressions
(UHP). On peut observer, parfois, une diminution du degré métamorphique. C’est le
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