Chapitre 2
Chromatographie liquide
haute performance
Parmi les techniques chromatographiques dont la phase mobile est un liquide, la chromatographie liquide haute performance (CLHP) est la plus connue. Son champ d’application
recouvre une grande partie du domaine de la chromatographie en phase gazeuse auquel
s’ajoute celui de l’analyse des composés thermosensibles ou de masses moléculaires à la
fois très grandes et même polaires. Son succès est dû à la possibilité d’agir de manière
très précise sur la sélectivité entre les composés par le choix de la colonne et de la composition de l’éluant, c’est-à-dire en exploitant les interactions soluté/phase mobile/phase
stationnaire. L’efficacité des colonnes est moindre qu’en CPG, mais l’utilisation de phases
chirales ou des nouvelles phases stationnaires opérant suivant plusieurs modes, les techniques par appariement d’ions ainsi que d’interaction hydrophobe accroissent encore plus
les possibilités de la CLHP. Enfin la miniaturisation de la technique (nanochromatographie)
a facilité son association avec la spectrométrie de masse.
2.1 L’ORIGINE DE LA CLHP
La chromatographie liquide haute performance, souvent désignée par son abréviation
CLHP – HPLC en anglais –, constitue une technique analytique très générale d’emploi.
Elle dérive de la forme la plus ancienne de la chromatographie liquide sur colonne dont
les performances, en termes de sélectivité et de résolution, se sont trouvées grandement
améliorées par la miniaturisation et l’utilisation de phases stationnaires très élaborées.
Ces phases, constituées de la réunion de micro-particules sphériques dont le diamètre
est compris entre 2 et 5 micromètres ou de matériaux monolithiques poreux conduisent à
une perte de charge importante dans la colonne. Il faut donc exercer sur la phase mobile
une forte pression pour obtenir un débit convenable. Pour marquer cette particularité de la
technique, la lettre P du sigle CLHP a pendant longtemps correspondu au mot pression.
La migration forcée d’une phase liquide au contact d’une phase stationnaire se retrouve
dans plusieurs techniques chromatographiques. La particularité de la CLHP est de faire intervenir des mécanismes d’échange soluté/phase mobile/phase stationnaire basés sur les coefficients d’adsorption ou de partage.
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