21 • Traitement des échantillons
417
Deux points particuliers méritent attention : dans l’étape d’extraction il ne faut pas atteindre le volume de relargage (volume de percée), au-delà duquel une partie du composé
à extraire n’est plus piégée par la cartouche. D’autre part dans l’étape de percolation, le
rendement de la récupération du composé adsorbé est rarement total. Si la méthode de dosage fait appel à une détection par spectrométrie de masse, on peut résoudre ce problème de
quantification en ajoutant à un volume donné de l’échantillon avant extraction une quantité
connue de ce même composé marqué à l’aide d’un isotope stable. Le comportement dans
l’extraction des deux formes du composé étant le même, la comparaison de leurs signaux
respectifs permet d’établir le rapport de leurs concentrations donc de connaître finalement
la concentration cherchée. On a l’équivalent d’une méthode d’étalonnage interne avec un
étalon dont le coefficient de réponse relatif serait de 1 (cf. § 4.9).
Un axe de recherche actuel consiste à préparer des adsorbants ayant une affinité marquée
pour un type de composé particulier. Pour cela on synthétise des polymères qui possèdent
des sites de reconnaissance sous forme de déformations de la surface, aptes à piéger des
molécules cibles. Le principe retenu rappelle celui de l’immuno-extraction, encore plus
sélectif, expliqué ci-après.
En extraction liquide-liquide conventionnelle, il y a dilution de l’analyte dans une
grande quantité de solvant. Par conséquent lorsqu’on concentre la solution d’extraction,
on concentre nécessairement les impuretés non volatiles contenues dans le solvant, ce
qui rend bien souvent la méthode inacceptable si on ne dispose pas de solvants ultrapurs. Si 1 mg d’un analyte se trouve, par exemple, mélangé avec 1 mL de solvant pur
à 99,9 %, ce dernier apporte une masse de produits annexes égale à celle de l’analyte.
21.3 CARTOUCHES D’IMMUNO-EXTRACTION
Avec les cartouches classiques d’extraction en phase solide, la rétention des analytes
est basée sur les interactions hydrophobes. Elle peut manquer de sélectivité si la matrice dans laquelle se trouve l’analyte à l’état de trace contient des composés interférants dont la concentration est beaucoup plus grande. Le résultat risquant d’être faussé,
il a été développé des matériaux d’extraction aptes à isoler le seul analyte. Cette reconnaissance moléculaire est basée sur les interactions du type antigène / anticorps
(cf. § 17.6).
En fixant, par liaison covalente un composé appelé anticorps sur un support solide adapté,
on modifie sa structure en surface qui retient alors sélectivement l’antigène correspondant
(fig. 21.3). Ce principe adopté depuis longtemps dans le domaine médical trouve des applications pour les petites molécules organiques. Ainsi il existe des cartouches d’extraction
contenant des anticorps baptisés anti-atrazine, anti-simazine, ou anti–isoproturon (familles
des triazines et des phénylurées). Elles sont adaptées à la recherche des herbicides portant
les mêmes noms.
Comme il a été signalé dans le paragraphe précédent, le rendement de l’extraction
n’est jamais de 100%. Il peut s’agir pour l’immuno-extraction d’un nombre insuffisant
de sites actifs. On doit donc prendre la précaution d’ajouter une quantité connue d’un
traceur.
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit
Précédent

- 436/481

Suivant