Chapitre 21
Traitement des échantillons
Pour toute analyse chimique, l’analyte, qui désigne l’espèce à doser, doit être en quantité suffisante et sous une forme qui conviennent à l’instrument utilisé. La plupart des
échantillons nécessitent donc un d’un pré-traitement spécifique. Cette étape, qui fait suite à
l’échantillonnage proprement dit, est consommatrice de temps. Elle conditionne le résultat,
au même titre que la mesure elle-même ou la précision de l’instrument utilisé. Sachant que
la moitié des analyses tombent dans la catégorie des analyses de traces (moins de 1 ppm
d’analyte dans l’échantillon brut), il faut des méthodes d’enrichissement importantes. Suivant les appareils et les méthodes on fait appel à diverses techniques d’extraction. C’est
un domaine activement étudié qui bénéficie des acquis récents de la chimie et de la robotisation. Le grand nombre d’analyses sur de très petits échantillons, a favorisé l’apparition
de procédés nouveaux visant à raccourcir les temps de préparation. Ce chapitre est, pour
une large part, consacré aux traitements réservés aux échantillons destinés aux analyses
chromatographiques.
21.1 LA NÉCESSITÉ D’UN TRAITEMENT PRÉALABLE
La mise en œuvre d’une analyse impose de disposer d’un échantillon. Celui-ci contient
généralement les espèces recherchées, encore appelées analytes, (terme anglais) et le
reste des composés, en nombre variable, qui constituent dans leur ensemble ce qu’on
appelle la matrice. Quand il s’agit de doser des traces parmi d’autres composés des milliers de fois plus abondants, on peut toujours craindre que les résultats soient influencés par la composition de la matrice. Ce type d’interférences entre analytes et autres
composés rend nécessaire de procéder à un pré-traitement de l’échantillon. Ce travail
supplémentaire sur l’échantillon étant consommateur de temps (fig. 21.1), on a cherché
à faciliter, à automatiser, les méthodes traditionnelles d’adsorption, d’extraction ou de
précipitation.
Le dosage par absorption atomique, à l’échelle du mg /L, de quelques éléments dans les
eaux de consommation ou l’enregistrement d’un spectre infrarouge à partir d’un produit organique pur, souvent effectués en laboratoire d’enseignement, correspondent à des situations
idéalement simples dans la mesure où l’échantillon ne nécessite pas de pré-traitement. Il en
va autrement de la plupart des échantillons courants.
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