17 • Méthodes de dosage par marquage
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17.6 ANTIGÈNES ET ANTICORPS
Les tests radio-immunologiques ainsi que les tests immunochimiques ELISA (1) qui sont
décrits ci-après (§ 17.7) nécessitent. le rappel de quelques notions sur les anticorps, parce
que la chimie et l’immunologie sont deux disciplines disjointes.
L’introduction, dans l’organisme, d’une substance étrangère (antigène) de masse moléculaire suffisante (M > 5 000 Da), suscite la production de biomolécules appelées anticorps.
Ce sont des glycoprotéines, appelées immunoglobulines (principalement des IgG).
Antigènes et anticorps s’agglutinent les uns aux autres. Les forces qui les lient sont dues
aux liaisons hydrogène et aux liaisons hydrophobes. La cohésion est assurée également par
la pression hydrostatique exercée par les molécules d’eau voisines.
L’antigène induit non seulement une réponse immunitaire, mais réagit avec l’anticorps
qu’il a fait apparaître dans l’organisme vivant. Ces deux propriétés sont différentes. Ainsi
les petites molécules organiques comme les pesticides ne sont pas capables d’induire la
production d’anticorps. En revanche, elles réagissent si des anticorps adaptés sont déjà présents : ce sont des haptènes. Pour générer les anticorps propres à ces haptènes, il faut coupler
ces derniers par liaison covalente à des protéines transporteuses (BSA ou HSA « Bovine ou
Human Serum Albumine »), ou à des polysaccharides. L’haptène doit donc avoir des groupements réactifs. Il est évident que cette modification de structure ne doit pas influer sur la
spécificité de l’anticorps produit.
Anticorps polyclonaux. La mise au point des anticorps est une phase difficile. Si
une seule molécule d’haptène était liée à une protéine porteuse telle la protéine BSA de
66 000 Da, l’anticorps qui se formerait serait surtout dirigé vers les épitotes (désigne les
parties de la protéine qui déclenche la production d’anticorps). On cherche donc à en fixer le
plus possible (plusieurs dizaines). Ainsi, les anticorps obtenus deviennent majoritairement
spécifiques de l’haptène. Pour cela, on injecte de manière sous-cutanée ou intradermique à
5 ou 6 souris, rats ou lapins, l’haptène greffé à la protéine porteuse accompagnée d’additifs.
Cette primo-injection en plusieurs points correspond à environ 100 mg de pesticide. Les
animaux, même s’ils ont un patrimoine génétique identique, ne réagissent pas de la même
façon. Deux semaines après on recommence avec 5 fois moins d’immunogène et deux
semaines plus tard on prélève du sang à ces animaux pour voir si l’anticorps est apparu. On
répète 2 ou 3 fois encore ces injections, afin de créer une hyperimmunisation. Le sérum de
ces animaux est alors devenu une source de l’anticorps cherché, de type polyclonal.
17.7 LA MÉTHODE DE DOSAGE IMMUNOENZYMATIQUE (EIA)
Une autre forme de marquage ne faisant pas appel à un isotope radioactif consiste à utiliser
une enzyme. Dans ce cas l’étiquette (l’enzyme) est énorme par rapport à la molécule à doser.
Comme les concentrations sont très faibles, la récupération fait appel à un anticorps. C’est
un dosage immuno-enzymatique, dont la méthodologie la plus connue est celle des tests de
type ELISA.
(1) Enzyme Linked Immuno Sorbent Assay.
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit
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17.6 ANTIGÈNES ET ANTICORPS
Les tests radio-immunologiques ainsi que les tests immunochimiques ELISA (1) qui sont
décrits ci-après (§ 17.7) nécessitent. le rappel de quelques notions sur les anticorps, parce
que la chimie et l’immunologie sont deux disciplines disjointes.
L’introduction, dans l’organisme, d’une substance étrangère (antigène) de masse moléculaire suffisante (M > 5 000 Da), suscite la production de biomolécules appelées anticorps.
Ce sont des glycoprotéines, appelées immunoglobulines (principalement des IgG).
Antigènes et anticorps s’agglutinent les uns aux autres. Les forces qui les lient sont dues
aux liaisons hydrogène et aux liaisons hydrophobes. La cohésion est assurée également par
la pression hydrostatique exercée par les molécules d’eau voisines.
L’antigène induit non seulement une réponse immunitaire, mais réagit avec l’anticorps
qu’il a fait apparaître dans l’organisme vivant. Ces deux propriétés sont différentes. Ainsi
les petites molécules organiques comme les pesticides ne sont pas capables d’induire la
production d’anticorps. En revanche, elles réagissent si des anticorps adaptés sont déjà présents : ce sont des haptènes. Pour générer les anticorps propres à ces haptènes, il faut coupler
ces derniers par liaison covalente à des protéines transporteuses (BSA ou HSA « Bovine ou
Human Serum Albumine »), ou à des polysaccharides. L’haptène doit donc avoir des groupements réactifs. Il est évident que cette modification de structure ne doit pas influer sur la
spécificité de l’anticorps produit.
Anticorps polyclonaux. La mise au point des anticorps est une phase difficile. Si
une seule molécule d’haptène était liée à une protéine porteuse telle la protéine BSA de
66 000 Da, l’anticorps qui se formerait serait surtout dirigé vers les épitotes (désigne les
parties de la protéine qui déclenche la production d’anticorps). On cherche donc à en fixer le
plus possible (plusieurs dizaines). Ainsi, les anticorps obtenus deviennent majoritairement
spécifiques de l’haptène. Pour cela, on injecte de manière sous-cutanée ou intradermique à
5 ou 6 souris, rats ou lapins, l’haptène greffé à la protéine porteuse accompagnée d’additifs.
Cette primo-injection en plusieurs points correspond à environ 100 mg de pesticide. Les
animaux, même s’ils ont un patrimoine génétique identique, ne réagissent pas de la même
façon. Deux semaines après on recommence avec 5 fois moins d’immunogène et deux
semaines plus tard on prélève du sang à ces animaux pour voir si l’anticorps est apparu. On
répète 2 ou 3 fois encore ces injections, afin de créer une hyperimmunisation. Le sérum de
ces animaux est alors devenu une source de l’anticorps cherché, de type polyclonal.
17.7 LA MÉTHODE DE DOSAGE IMMUNOENZYMATIQUE (EIA)
Une autre forme de marquage ne faisant pas appel à un isotope radioactif consiste à utiliser
une enzyme. Dans ce cas l’étiquette (l’enzyme) est énorme par rapport à la molécule à doser.
Comme les concentrations sont très faibles, la récupération fait appel à un anticorps. C’est
un dosage immuno-enzymatique, dont la méthodologie la plus connue est celle des tests de
type ELISA.
(1) Enzyme Linked Immuno Sorbent Assay.
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit
