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4 • Dynamique de la diversité biologique et activités humaines
De manière générale, des biomes relativement pauvres se sont ainsi
réinstallés dans les régions tempérées et froides, alors que des ensembles
forestiers méditerranéens beaucoup plus riches se reconstituaient dans
le sud. Certaines espèces d’animaux ont disparu de France mais se sont
déplacées et perdurent dans les régions plus septentrionales: phoque
moine, renne, renard polaire, par exemple. D’autres animaux disparaissent
Les chênes européens et les cycles climatiques
La diversité des chênaies européennes résulte des successions
d’alternance de périodes de glaciation et de réchauffements climatiques du quaternaire. Ils ont entraîné des cycles d’extinction
suivis de recolonisations qui ont sélectionné ou éradiqué certaines
espèces. Depuis la dernière glaciation, il y a 18 000 ans, les forêts
de chênes ont réinvesti le continent. Une vaste étude européenne a
inventorié et décrypté les stratégies de colonisation des espèces
dominantes. L’analyse de l’ADN chloroplastique a mis en évidence
que durant la dernière période glaciaire les populations de chênes
étaient confinées dans les trois zones refuges au sud du continent
européen. Ces populations séparées depuis 100 000 ans ont entrepris
la reconquête du continent vers le nord dès le début du réchauffement
il y a 15 000 ans et l’aire actuelle a été entièrement occupée il y a
6 000 ans. En moyenne les chênes ont avancé de 380 m par an avec
des pointes de 500 m à certaines périodes. Outre la dispersion continue, un mécanisme de dispersion en «sauts de puce» (il s’agit
d’événements de dispersion à longue distance, quelques dizaines
de kilomètres, se produisant rarement) explique la rapidité de cette
progression.
Mais l’étude de l’ADN nucléaire a mis en évidence également une
remarquable stratégie utilisée par les chênes pour favoriser leur
dissémination. Chacune des quatre principales espèces de chêne
européen (chênes sessile, pédonculé, tauzin et pubescent) a des
préférences écologiques, que ce soit par exemple pour les milieux
forestiers ou les milieux ouverts, les sols humides ou les sols
calcaires. Il y aurait en réalité une sorte de «travail d’équipe»
entre ces espèces dont certaines peuvent se mettre à coopérer pour
conquérir de nouveaux milieux, l’une jouant alors le rôle de «tête
de pont» pour en faire profiter les autres. Les mécanismes en cause
sont un important brassage de gènes entre les différentes espèces
et des hybridations interspécifiques.
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