4.1 Paléoenvironnements et diversité biologique
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définitivement entre ces deux périodes: mammouth, lion des cavernes,
hyène des cavernes. On a évoqué la prédation par l’homme pour expliquer la disparition du mammouth (il y a 12 000 ans), mais il semble
bien qu’elle soit due essentiellement aux changements climatiques.
4.1.2 Les forêts tropicales humides
Il n’est pas rare que l’on tienne un discours en partie irrationnel à propos
des forêts tropicales, dans le but de promouvoir la protection de ces
écosystèmes, fortement perturbés, il est vrai, par les activités humaines.
Ainsi, affirmer que les forêts tropicales sont les poumons de la Terre
relève soit de l’erreur scientifique soit de la volonté délibérée d’ignorer
les résultats de la science. En effet, la forêt tropicale que l’inconscient
collectif présente souvent comme un exemple de Nature sauvage et
inviolée, a connu en réalité des périodes d’expansion et de recul, en
liaison avec des changements climatiques importants.
Au cours du dernier maximum glaciaire, sous l’effet de conditions
climatiques plus rigoureuses (baisses des températures de 2 à 6 °C
et baisse des précipitations), les forêts humides sud-américaines ont
commencé à régresser il y a 28 000 ans, et les forêts africaines entre
– 20 000 et – 15 000 ans. Dans de nombreuses régions, les savanes ont
ainsi pris le pas sur les forêts humides qui n’occupaient alors que des
surfaces réduites.
Lors de la période post-glaciaire, la reconquête forestière a connu
une histoire parfois mouvementée. En Afrique, on a mis en évidence une
extension maximale de la couverture arborée entre – 10 000 et – 8 000 ans
qui se maintient jusqu’à – 5 000 ans. Après cette époque, il y a diminution de la pluviosité en Afrique centrale et, entre – 3 000 et – 2 500 ans,
les savanes progressent au détriment de la forêt dans le sud du Congo
et dans les zones où les déficits hydriques saisonniers sont les plus
importants. D’intenses perturbations ont eu lieu également dans la
forêt humide de l’Ouest Cameroun. Mais depuis environ un millénaire,
la tendance générale en Afrique centrale est de nouveau à une expansion de la forêt, avec des vitesses de progression de quelques dizaines
de mètres par siècle. Cette reprise forestière serait liée à un retour de
conditions climatiques plus humides.
En Amérique du sud, la forêt amazonienne a été le siège depuis la
dernière glaciation de perturbations importantes mais la dynamique
forestière n’est pas synchrone avec celle de l’Afrique. La forêt se développe en quelques points (sud-est de l’Amazonie et Brésil central) entre
– 10 000 et – 8 000 ans, mais pas en Guyane. Entre 7 000 et 4 000 ans
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