88
4 • Dynamique de la diversité biologique et activités humaines
la forêt recule au profit de formations herbacées dans le nord et le sud-est
de l’Amazonie, de même que dans le centre du Brésil. Depuis 4 000 ans
on observe une reconquête forestière sur les sites où la forêt avait
disparu et elle atteint sa pleine expansion il y a seulement 1 000 ans sur
la côte atlantique du Brésil. Autrement dit, la forêt amazonienne est
relativement jeune!
Des travaux réalisés en Guyane ont montré d’autre part qu’entre
– 3 000 et – 2 000 ans, la forêt était plus humide qu’actuellement. Entre
– 1 700 ans et nos jours on observe deux épisodes de sécheresse associés
à des perturbations du système forestier avec de grandes ouvertures
forestières favorables au développement de plantes pionnières: l’une
entre – 1 700 et – 1 200 ans, l’autre entre – 900 et – 600 ans. Des
phénomènes comparables ont eu lieu aux mêmes époques dans l’ouest
du bassin amazonien. La forêt guyanaise a acquis ses caractéristiques
actuelles il y a seulement 300 ans.
Un élément important de perturbation de ces forêts tropicales humides
est le feu. Actuellement, dans l’ensemble de ces écosystèmes, le taux
d’humidité toujours élevé ne permet pas aux incendies de se développer.
Pourtant on a mis en évidence en Amazonie et en Guyane que des
incendies et des destructions de la forêt de forte amplitude se sont
produits à plusieurs reprises, y compris dans un passé relativement
L’hypothèse des zones refuges
L’hypothèse de l’existence de refuges est née de l’observation de
la distribution actuelle des espèces végétales et animales en forêt
dense humide et des niveaux de différenciation atteints. En période
sèche, la forêt se fragmente et seuls quelques îlots sont susceptibles de subsister dans les zones où les conditions climatiques le
permettent. Les fragments de forêts qui ont persisté durant les
phases sèches auraient ainsi servi de refuges à une partie des espèces
qui occupaient préalablement le territoire couvert par la forêt.
Cette fragmentation, si elle a duré suffisamment longtemps, aurait
favorisé la spéciation par vicariance. Les espèces auraient ensuite
recolonisé les zones séparant les refuges, à des vitesses variables
selon leurs potentialités de migration qui dépend de leurs caractéristiques biologiques. Selon la théorie, les refuges correspondraient
aux zones actuelles d’endémisme élevé et de grande biodiversité.
Cette diversité décroît quand on s’éloigne des zones refuges.
4 • Dynamique de la diversité biologique et activités humaines
la forêt recule au profit de formations herbacées dans le nord et le sud-est
de l’Amazonie, de même que dans le centre du Brésil. Depuis 4 000 ans
on observe une reconquête forestière sur les sites où la forêt avait
disparu et elle atteint sa pleine expansion il y a seulement 1 000 ans sur
la côte atlantique du Brésil. Autrement dit, la forêt amazonienne est
relativement jeune!
Des travaux réalisés en Guyane ont montré d’autre part qu’entre
– 3 000 et – 2 000 ans, la forêt était plus humide qu’actuellement. Entre
– 1 700 ans et nos jours on observe deux épisodes de sécheresse associés
à des perturbations du système forestier avec de grandes ouvertures
forestières favorables au développement de plantes pionnières: l’une
entre – 1 700 et – 1 200 ans, l’autre entre – 900 et – 600 ans. Des
phénomènes comparables ont eu lieu aux mêmes époques dans l’ouest
du bassin amazonien. La forêt guyanaise a acquis ses caractéristiques
actuelles il y a seulement 300 ans.
Un élément important de perturbation de ces forêts tropicales humides
est le feu. Actuellement, dans l’ensemble de ces écosystèmes, le taux
d’humidité toujours élevé ne permet pas aux incendies de se développer.
Pourtant on a mis en évidence en Amazonie et en Guyane que des
incendies et des destructions de la forêt de forte amplitude se sont
produits à plusieurs reprises, y compris dans un passé relativement
L’hypothèse des zones refuges
L’hypothèse de l’existence de refuges est née de l’observation de
la distribution actuelle des espèces végétales et animales en forêt
dense humide et des niveaux de différenciation atteints. En période
sèche, la forêt se fragmente et seuls quelques îlots sont susceptibles de subsister dans les zones où les conditions climatiques le
permettent. Les fragments de forêts qui ont persisté durant les
phases sèches auraient ainsi servi de refuges à une partie des espèces
qui occupaient préalablement le territoire couvert par la forêt.
Cette fragmentation, si elle a duré suffisamment longtemps, aurait
favorisé la spéciation par vicariance. Les espèces auraient ensuite
recolonisé les zones séparant les refuges, à des vitesses variables
selon leurs potentialités de migration qui dépend de leurs caractéristiques biologiques. Selon la théorie, les refuges correspondraient
aux zones actuelles d’endémisme élevé et de grande biodiversité.
Cette diversité décroît quand on s’éloigne des zones refuges.
