4.1 Paléoenvironnements et diversité biologique
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proche. En Guyane en particulier, les paléo-incendies mis en évidence
entre – 8 000 et – 6 000 ans ainsi qu’entre – 4 000 et – 2 000 ans avaient
une origine naturelle puisque l’occupation humaine n’est attestée que
depuis – 2 100 ans. On trouve également des traces de paléo-incendies
entre – 2 000 et – 1 400 ans.
4.1.3 Les systèmes aquatiques continentaux
De manière générale, l’étendue des habitats aquatiques fluctue en fonction
des conditions climatiques, et sur des périodes relativement courtes à
l’échelle géologique. À quelques exceptions près, les écosystèmes
aquatiques continentaux peuvent être qualifiés de systèmes en transition dans la mesure où ils réagissent en permanence aux variations
climatiques.
Dans les régions tempérées, les glaciations ont, à diverses reprises,
provoqué la disparition des milieux aquatiques et donc l’éradication
des faunes associées, ce qui explique que les peuplements piscicoles
soient plus pauvres dans les régions tempérées que dans les régions
équatoriales. On peut ainsi comparer le lac Léman qui était sous les
glaces lors du dernier optimum glaciaire (20 000 ans) aux grands lacs
d’Afrique de l’Est (Tanganyika, Malawi) dont l’existence est attestée
sur plusieurs millions d’années. Le Léman est un lac jeune dont la faune
actuelle est le résultat d’une recolonisation récente lors du réchauffement
Holocène, à partir de zones refuges où la faune aquatique a pu subsister
au moins en partie. Cette faune relativement pauvre ne comporte que
14 espèces autochtones de poissons. Au contraire les lacs d’Afrique de
l’Est sont des lacs anciens, pérennes sur plusieurs millions d’années
même si on a pu montrer que les niveaux ont varié de plusieurs centaines
de mètres durant cette période. Ces lacs hébergent une faune ichtyologique et une faune d’invertébrés très diversifiée qui est le résultat d’une
longue co-évolution du milieu et des espèces. De manière schématique,
la faune de ces lacs s’est diversifiée pour exploiter au mieux l’ensemble
des ressources de l’écosystème, alors que dans le lac Léman on a affaire
à un ensemble encore hétéroclite d’espèces. De toute évidence, on ne
peut comprendre le fonctionnement biologique de ces lacs (production,
réseaux trophiques) sans prendre en compte l’histoire des milieux.
Dans le cas des lacs d’Afrique de l’Est il est possible de développer des
théories sur la co-évolution et la spéciation, les radiations adaptatives,
les notions de niche et de compétition pour les ressources. Dans le cas
du Léman on peut seulement constater qu’un certain nombre d’espèces
ont réussi à recoloniser le lac depuis la disparition des glaces, mais cette
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