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4 • Dynamique de la diversité biologique et activités humaines
situation qui relève pour partie du hasard est peu propice à l’application
ou au développement de théories de l’évolution.
Dans le cas des systèmes fluviaux, la situation est comparable. Les
variations climatiques ont pu entraîner des variations importantes de
leur morphologie, et parfois même leur disparition temporaire. Pour
que les poissons repeuplent des bassins qui se sont asséchés ou qui ont
été gelés, ou des bassins nouvellement créés en fonction des événements
géologiques et climatiques, il faut que des communications physiques
aient pu s’établir avec des bassins qui sont restés en eau et ont conservé
une faune diversifiée, autrement dit des zones refuges. Par exemple, la
faune ichtyologique de l’Irlande est très pauvre et ne comporte à l’heure
actuelle qu’une vingtaine d’espèces dont une grande partie aurait été
réintroduite par l’homme. En effet, après le retrait des glaces à
l’Holocène, seules huit espèces migratrices anadromes (saumon, alose,
anguille, etc.) ont pu recoloniser les eaux irlandaises par les voies naturelles. La situation est différente en Amérique du Nord, où le Mississipi
qui a été la principale zone refuge pour les espèces aquatiques au cours
des glaciations récentes est orienté nord-sud. Il en résulte que les espèces
ont pu migrer et se réfugier dans la partie méridionale du fleuve avec
l’avancée des glaciations dans le nord, puis recoloniser en sens inverse
le réseau hydrographique lors du réchauffement. En Europe, le Danube
a joué le rôle de zone refuge pour les poissons. Mais il est orienté
ouest-est de telle sorte que les espèces n’ont pas eu, comme en Amérique
du Nord, la possibilité de migrer aussi loin vers le sud. En conséquence
les extinctions d’espèces ont probablement été plus importantes lors
des glaciations, ce qui expliquerait la relative pauvreté de la faune
ichtyologique européenne par rapport à celle d’Amérique du Nord.
4.2 L’HOMME ET L’ÉROSION
DE LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE
Selon le discours général, l’homme est actuellement responsable d’une
nouvelle phase majeure d’extinction de la diversité biologique. Cette
affirmation mérite d’être relativisée, même si l’on doit admettre que
certains groupes sont particulièrement touchés. Cette action de l’homme
est-elle plus importante que les perturbations climatiques ou celles
attribuées à El Niño qui suscite sécheresses et inondations, blanchissement des coraux, etc.? Il est probable que des extinctions actuelles
d’espèces sont la conséquence de plusieurs facteurs agissant en synergie.
En réalité il faudrait se garder de considérer de manière globale les
conséquences des activités humaines et analyser leurs effets différentiels
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