4.2 L’homme et l’érosion de la diversité biologique
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sur les divers groupes animaux et végétaux en fonction des contextes
régionaux et locaux.
4.2.1 Le mythe du bon sauvage
Les ethnologues ont en partie accrédité l’idée que les sociétés dites
primitives (par rapport aux sociétés industrialisées) qu’ils étudiaient
avaient peu d’impacts sur le milieu naturel et qu’elles vivaient en quelque sorte «en équilibre» avec leur environnement. Ce mythe du jardin
de l’Éden s’est pérennisé en particulier dans le discours qui s’est développé autour des savoirs traditionnels, relayé par certains mouvements
conservationnistes et par une partie du grand public. Pourtant diverses
observations tendent à montrer que l’homme moderne n’a fait que
prolonger un processus d’érosion de la biodiversité engagé depuis très
longtemps par nos lointains ancêtres.
De nombreuses îles du Pacifique furent considérées comme de véritables paradis par les premiers explorateurs, ce qui a contribué au mythe
de sociétés primitives en «état d’équilibre» avec leur environnement.
Les colonisations successives des îles du Pacifique par l’homme ont
entraîné, sans ambiguïté, la disparition de nombreuses espèces de
vertébrés. C’est le cas pour les îles Fidji et Tonga il y a 3 500 ans, la
Nouvelle-Zélande (3 200 ans) et l’archipel d’Hawaï (2 600 ans). Quant
aux Galapagos, elles n’auraient pas été habitées avant l’arrivée des
Européens en 1535. On sait maintenant qu’un tiers à la moitié des
espèces d’oiseaux qui peuplaient les îles du Pacifique a disparu depuis
que l’homme les a colonisées. Cela représente au moins une à deux mille
espèces d’oiseaux terrestres (soit 10 à 20% des espèces d’oiseaux
connues actuellement) et contredit les premières impressions.
On a montré également que les hommes avaient profondément modifié
la végétation. Ainsi la moitié de la forêt de la Nouvelle-Zélande a été
détruite par les Maoris entre 800 et 500 ans, pour laisser place à des
zones couvertes de fougères ou a des prairies clairsemées. Sur l’île de
Pâques, jadis couverte d’une forêt subtropicale luxuriante (cette présence
est prouvée par les analyses de pollens fossiles), il ne reste aujourd’hui
qu’une prairie appauvrie, et les plus gros animaux autochtones sont
des insectes.
4.2.2 La disparition des grands mammifères
à la fin du Pléistocène: l’homme est-il en cause?
En dehors des extinctions massives et spectaculaires, des extinctions
plus limitées ont eu lieu affectant seulement un ou quelques groupes
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