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4 • Dynamique de la diversité biologique et activités humaines
Le réchauffement climatique qui a fait suite à la période glaciaire, a
entraîné un recul des glaces, avec un maximum de réchauffement il y a
environ 8 000 ans (maximum Holocène). La température moyenne est
alors supérieure de 2 °C environ à l’actuelle, ce qui signifie que la différence de température entre le maximum glaciaire et l’optimum Holocène
est de l’ordre de 6-7 °C. Mais en réalité les variations ont été plus faibles
à l’équateur qu’aux latitudes élevées, et l’on peut estimer que le réchauffement dans le nord-est de la France a été en réalité de 15 à 20 °C.
Au cours de la phase de réchauffement, les espèces animales et
végétales qui avaient survécu dans les zones refuges ont reconquis les
espaces périglaciaires. Aux latitudes moyennes d’Europe du Nord, au
cours de la période de transition entre le dernier âge glaciaire et
l’Holocène, le genévrier (Juniperus) puis le bouleau (Betula) et le pin
(Pinus) partent à la reconquête des espaces abandonnés par la forêt au
cours de la glaciation. Puis la forêt tempérée de feuillus commence à se
propager à travers toute l’Europe il y a 10 000 ans. Le chêne (Quercus)
a colonisé l’Europe plus rapidement que d’autres. Il est accompagné
du noisetier (Corylus), et de l’orme (Ulmus). Plus tardivement on voit
apparaître le frêne (Fraxinus) et le tilleul (Tilia) à l’intérieur d’une
forêt mixte dominée par le noisetier et le chêne. La propagation du
hêtre (Fagus), dont les zones refuges se situaient près de la mer Noire
et en Italie du Sud, a été retardée en raison de sa faible compétitivité
par rapport au chêne. Il commence à s’étendre il y a 6 000-6 500 ans
dans les Apennins et ce n’est qu’il y a 3 500 ans qu’il apparaît en Espagne
et le nord-ouest de l’Europe. L’épicéa quant à lui qui était répandu
dans les Alpes orientales au Tardiglaciaire, mettra plus de 6 000 ans
pour atteindre les Alpes françaises et le Jura et ne colonisera le Massif
Central qu’au XIX e  siècle grâce aux reboisements décidés par les hommes.
De manière générale, la dynamique de la succession végétale a été la
même à travers toute l’Europe, avec cependant des différences de synchronisation dans l’apparition des espèces selon la situation géographique.
Ainsi, la recolonisation arborée a été fonction tout à la fois du climat,
de la situation des zones refuges, et de la compétitivité des espèces à
l’intérieur des écosystèmes en restructuration. Un élément important
pour les espèces végétales sessiles est la vitesse de propagation qui dépend
des caractéristiques biologiques des espèces. Ainsi, le chêne pédonculé
a pu reconquérir assez rapidement l’Europe, entre – 130000 et – 6 000 ans,
à une vitesse moyenne de 500 mètres par an. Cette progression rapide
pour un organisme immobile à croissance lente (un chêne ne fructifie pas
avant 15 ans) a été facilitée par le geai qui transporte les glands et les
enterre à 4-5 cm de profondeur pour se constituer des réserves, parfois
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