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3 • Mécanismes de la diversification du monde vivant
Comment résumer à l’heure actuelle ce débat?
1. Le cours de l’évolution est marqué de périodes de crises. Les
espèces rescapées n’ont pas survécu parce qu’elles étaient plus performantes selon la théorie de la sélection naturelle, mais parce qu’elles
avaient la chance de posséder un trait biologique favorable au moment
de l’événement responsable de l’extinction. Ce trait biologique s’est
développé a priori pour des raisons qui sont sans rapport avec les
facteurs responsables de l’extinction de masse.
Les extinctions de masse préservent ou éliminent des espèces au
hasard. La survie ou la disparition est donc avant tout une question de
chance ou de malchance liée à la manifestation d’événements aléatoires
qui ne sont pas prévisibles dans l’état actuel des connaissances. En
particulier, rien ne permet de distinguer les rescapés des victimes. Il en
résulte que le monde vivant actuel dépend de la cascade d’événements
qui se sont déroulés depuis les origines, en dehors de toute intervention
de la sélection. Si l’on pouvait dérouler de nouveau le film de l’histoire
de la vie, le résultat pourrait être entièrement différent et notre monde
habité par des êtres qui ne nous sont pas familiers. La disparition brutale
des dinosaures n’était pas programmée mais les conséquences en ont été
importantes: la place libérée a permis aux mammifères de se développer
ce qui a ouvert la voie à l’apparition de l’homme.
2. La sélection naturelle est contingente des conditions de l’environnement dans lesquelles évoluent les espèces. On peut admettre qu’en
favorisant les individus les mieux adaptés à l’environnement dans
lequel ils vivent, elle soit en partie tout au moins de nature aléatoire ou
fortuite. Ces processus ne peuvent être déduits dans l’état actuel de la
science. Leur imprévisibilité ne tient pas au caractère stochastique du
phénomène mais à la complexité des interactions gènes/milieu dont
nous ignorons les détails.
Il est plus difficile de n’évoquer que le hasard lorsqu’on s’adresse à
des espèces qui sont le produit d’une radiation adaptative. Il y a probablement un certain déterminisme dans l’évolution qui mène à l’apparition
d’espèces sympatriques dont chacune est plus apte à utiliser certaines
ressources du milieu. Tout se passe comme si l’évolution tendait alors
vers une diversification conduisant à une utilisation de plus en plus
sophistiquée des capacités de l’écosystème.
3. L’étude du fonctionnement des écosystèmes a mis en évidence
l’existence de processus fonctionnels similaires dans des milieux variés,
ce qui laisse penser qu’il existerait malgré tout une forme de «régulation». Le débat est alors déplacé: les mécanismes de «régulation»
des écosystèmes sont-ils déterministes ou stochastiques? De manière
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