3.6 L’évolution de la vie est-elle prédéterminée?
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© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
simples peuplant la biosphère depuis plus de 3,5 milliards d’années,
constituent un bon contre-exemple. D’apparence très simple, elles sont
parfaitement capables de s’adapter à de nouveaux environnements!
L’évolution de la vie à travers les temps géologiques est perçue le
plus souvent comme un processus réglé par la sélection naturelle qui
conserve les variations «utiles» et élimine ou ignore celles qui ne le
sont pas. Si Darwin rejetait l’idée de progrès évolutif au sens d’une loi
qui conduirait les organismes vers une complexité plus grande, il
acceptait néanmoins l’idée que la sélection naturelle contribuait à
améliorer les organismes, en relation avec leurs conditions de vie.
Mais cette sélection des «meilleurs» est circonstanciée, associée aux
conditions particulières qui prévalent dans un milieu donné. Le mieux
adapté à un instant ne l’est pas forcément à l’instant suivant.
Pour nombre d’auteurs, le hasard est la seule explication possible à
l’évolution de la vie. Dans le jeu de l’évolution dont la résultante est de
sélectionner les organismes qui donnent le plus de descendants, la
seule sanction véritable est la possibilité de continuer le jeu en cas de
succès. Il ne semble donc pas y avoir de perspective globale à long terme.
Cela justifie une nouvelle interrogation des écologistes: si l’évolution
est une simple question de chance sans déterminisme apparent, doit-on
poursuivre la recherche d’un ordre de la Nature et la mise en évidence
de lois générales?
Le hasard et les «roulettes biologiques»
Le hasard est un facteur essentiel de l’évolution. Avec la nécessité,
c’est une des facettes de la tragi-comédie de l’évolution, comme
le souligne Alain Pavé. Ce serait aujourd’hui le facteur primordial
de la dynamique de la biodiversité, à savoir la diversification, la
disparition ou le maintien des systèmes vivants de la planète. En
allant plus loin, on peut penser également que des processus propres
à ces systèmes engendrent du hasard et qu’ils seraient apparus
spontanément et auraient été sélectionnés autour du temps eux aussi.
C’est ce que Pavé appelle les «roulettes biologiques» qui produisent des phénomènes à caractère aléatoire à tous les niveaux
d’organisation du vivant. Il y aurait ainsi un hasard imposé de
l’extérieur, et un hasard intrinsèque engendré par les mécanismes
biologiques. Celui-ci serait le facteur essentiel de la diversification
et de la dispersion des êtres vivants. Une forme de réaction, ou
d’assurance vie, au hasard subi par les aléas. On rejoint ici l’idée
que les peuplements sont des ensembles stochastiques…
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