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2 • La diversité biologique : un état des lieux
2.2 L’INVENTAIRE DES ESPÈCES
La diversité biologique concerne tous les niveaux de l’organisation du
vivant, des gènes aux écosystèmes. Mais on parle le plus souvent de la
diversité des espèces (en réalité la richesse en espèces) car c’est le
niveau le plus simple à appréhender.
Botanistes et zoologistes ont entrepris, il y a près de trois siècles, la
description et l’inventaire des espèces vivantes. Carl Linné dénombrait
9 000 espèces de plantes et d’animaux au milieu du XVIII e  siècle. Deux
siècles et demi plus tard, avec plus de 1,8 million d’espèces décrites,
nous savons que l’inventaire du vivant est loin d’être terminé, surtout
dans les régions tropicales. Nul ne sait en réalité quel est le nombre
Les biocénoses:
des ensembles aléatoires ou structurés?
Une question centrale de l’écologie des écosystèmes est de savoir
si l’ensemble des espèces présentes dans un milieu est le fruit du
hasard (c’est-à-dire une collection aléatoire de populations qui ont
réussi à coloniser l’écosystème et à s’y maintenir), ou le résultat
d’une sélection sur la base d’une co-évolution entre les espèces,
ainsi qu’entre les espèces et leur environnement physico-chimique,
de telle sorte qu’il existe un réseau d’interdépendance entre ces
espèces. Certains écologistes penchent actuellement pour la seconde
hypothèse, mais ils ont néanmoins de nombreuses difficultés pour
mettre en évidence ces différents types d’interactions.
En réalité, la dimension temporelle joue un rôle important. Lorsqu’un
nouvel habitat est créé, il y a colonisation par des espèces opportunistes et le peuplement est en grande partie aléatoire. Avec le
temps, il peut y avoir co-évolution des espèces et acquisition d’un
degré d’interdépendance plus important. Par exemple, les lacs nord
tempérés qui étaient sous les glaces lors de la dernière période
glaciaire il y a 15 000 ans, ont une faune peu diversifiée, sans
endémiques, qui résulte d’une recolonisation de proximité après
la fonte des glaces. À l’inverse, les grands lacs d’Afrique de l’Est
qui existent depuis des millions d’années ont une faune riche en
espèces et en endémiques, avec des relations interspécifiques
complexes qui résultent d’une longue co-évolution.
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