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En guise de conclusion
des arguments écologiques, économiques, éthiques et patrimoniaux.
La demande vis-à-vis des scientifiques n’est plus tant d’assurer la
chronique nécrologique des espèces et d’assister impuissants aux grandes
catastrophes écologiques, que de réhabiliter les milieux dégradés. La
réinstallation du saumon, par exemple, est devenue le symbole et
l’objectif de qualité de nombreux écosystèmes fluviaux européens.
L’avenir de la biodiversité est ainsi devenu une véritable question
d’environnement, au même titre que le réchauffement climatique
d’origine anthropique. La conservation n’est plus seulement du ressort
des écologistes. Elle fait appel à des valeurs morales, et questionne les
modèles de développement économique. Elle interpelle les bases mêmes
des sociétés occidentales, que ce soit au niveau des représentations de la
Nature ou des valeurs morales qu’elles entendent privilégier. Pourtant,
une partie de la société continue de se comporter en prédatrice. Le
profit à court terme et la corruption sont en réalité les causes profondes
de l’érosion de la biodiversité, avec la pauvreté qui concerne malheureusement une part importante de la population mondiale. On est donc
en droit de s’interroger sur la portée réelle des mesures de protection
qui sont prises, sachant que l’on ne s’attaque pas en priorité aux causes
principales. En effet, la lutte contre la pauvreté, objectif prioritaire des
Nations Unies pour le Millénaire, ne suscite guère un engouement
considérable des pays développés. Or, nous allons plus que doubler la
demande alimentaire d’ici cinquante ans. En perspective, des besoins
plus importants en ressources et en terres cultivables, qui seront difficilement compatibles avec la protection de la biodiversité!
Depuis quelques années, la réalité du changement climatique nous
amène également à reconsidérer bien des idées reçues. On a certes
conscience que la biodiversité actuelle est le fruit des nombreux changements climatiques et géologiques qui sont intervenus dans le passé.
Mais nous avons des difficultés à accepter que notre environnement puisse
changer. Nous aimons les idées d’équilibre, de stabilité, et nous les
appliquons aux milieux naturels. Pourtant, on commence à voir les effets
du réchauffement climatique sur la biologie et la répartition des espèces.
Les bouleversements à venir suscitent des inquiétudes, et les discours
catastrophistes vont bon train!
En réalité, nous sommes dès maintenant mis en demeure de répondre
à de nouvelles questions qui dépassent largement le cadre étroit de la
conservation de la biodiversité dans lequel nous étions jusqu’ici enfermés. À quoi vont servir en effet les aires protégées si le réchauffement
se poursuit? Quelles attitudes allons-nous adopter face aux espèces
migratrices et envahissantes qui ne vont pas manquer de coloniser de
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