9.6 La biologie de la conservation
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© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
envisage alors de réintroduire l’espèce dans des habitats similaires à
ceux dont elle est originaire: c’est la translocation.
Le projet de conservation d’une espèce menacée dans les parcs
zoologiques se définit par ses objectifs: maintenir pendant deux siècles
plus de 90% de la diversité génétique initiale, et maintenir une population
de 250 à 500 individus en vue de la réintroduire dans son milieu naturel.
Il existe pour plus de 300 espèces menacées des programmes d’élevage
en captivité qui associent plusieurs zoos, de façon à maintenir des
populations qui serviront de réservoirs génétiques pour la survie des
animaux dans la Nature. Les parcs zoologiques ont ainsi bien réussi
dans la conservation d’espèces telles que les bisons européens et
américains, le cheval de Prejwalsky, etc.
9.6.3 Écologie de la restauration
Des ingénieurs et des spécialistes de la protection de la Nature ont
tenté depuis longtemps de «réparer» les milieux dégradés. Ils l’ont
fait de manière souvent empirique, avec leur expérience d’hommes de
terrain, en fonction d’objectifs définis dans le cadre d’une gestion dite
écologique des milieux et des espèces. De manière générale, les scientifiques ont longtemps négligé ce domaine jugé trop technique, mais
certains d’entre eux ont progressivement réalisé tout l’intérêt de ces
activités si on les abordait en tant que système expérimental. L’émergence de l’écologie de la restauration dans les années 1980 a donc
Il y a de nouveau des vautours en Lozère
La réintroduction des vautours fauves et des vautours moines dans
les gorges du Tarn est un exemple de restauration de populations.
Le vautour moine a disparu de cette région au début du XX e  siècle
et le vautour fauve peu après la Seconde Guerre mondiale. Classé
nuisible, jugé maléfique, mais aussi trophée de chasse apprécié,
ces charognards ont été massacrés pendant des siècles. Dans les
années 1970, avec la création du parc national des Cévennes, le
Fonds d’intervention pour les rapaces a entrepris de réintroduire
les deux espèces à partir d’individus provenant des Pyrénées et de
plusieurs zoos. Les premiers lâchers ont eu lieu au début des
années 1980, et en 2000 près de 300 individus avaient recolonisé
les Causses. On apprécie maintenant les retombées touristiques,
et les bergers les utilisent comme équarrisseurs naturels.
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