1.2 Les multiples visages de la biodiversité
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on ne le soulignera jamais assez, est le produit du changement. C’est la
variabilité des facteurs de l’environnement qui explique la diversification
des espèces. C’est l’hétérogénéité des habitats qui favorise la richesse
spécifique. Mais, inversement, le monde vivant est aussi capable d’agir
sur son environnement physico-chimique en le modifiant.
1.2.2 La biodiversité en tant que ressource alimentaire
Toute notre alimentation est issue de la biodiversité. De l’époque où
l’homme vivait de chasse et de cueillette, il reste encore l’exploitation des
ressources vivantes marines. La pêche, cette dernière grande entreprise
de cueillette, est pourtant menacée actuellement par la surexploitation
des stocks.
Mais c’est dans le domaine de la domestication des plantes et des
animaux que le génie humain a donné toute sa dimension. L’agriculture
et l’aquaculture sont aussi à l’origine des plus grands bouleversements
de la biodiversité. On a diffusé de par le monde un ensemble d’espèces
qui constituent, à des degrés divers, la base de notre alimentation. Cette
mondialisation, qui a débuté dès les débuts de l’agriculture, a profité à
tous les continents et a concerné beaucoup d’autres espèces.
Tout naturellement, ces espèces introduites ont donné naissance à
nombre de races ou de variétés adaptées aux contextes locaux. L’homme
en a créé des centaines, voire des milliers, et elles aussi sont en danger.
Car l’agriculture moderne qui a été mise en place après la seconde
guerre mondiale (la Révolution verte) n’utilise que quelques variétés
sélectionnées à haut rendement, marginalisant ainsi les races locales. On
redécouvre leur intérêt patrimonial alors que beaucoup d’entre elles
ont disparu.
1.2.3 La biodiversité marchande
Les problèmes liés à la marchandisation de la biodiversité, notamment
les gènes et les molécules utilisées par les biotechnologies, constituent
de nouveaux centres d’intérêt. Lors de la discussion de la CDB, les
pays partenaires ont bien perçu que l’intérêt des industriels pour la
diversité biologique constitue potentiellement une source de revenus.
Lors de la Conférence de Rio en 1992, la discussion s’est ainsi polarisée
sur les enjeux économiques de la mise en valeur des ressources génétiques. L’article premier de la CDB met d’ailleurs l’accent sur «le partage
juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources
génétiques, notamment grâce à un accès satisfaisant à ces ressources,
et à un transfert approprié des techniques pertinentes, compte tenu de
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