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1 • Pourquoi s’intéresser à la diversité biologique ?
tous les droits sur ces ressources et aux techniques, et grâce à un
financement adéquat». La diversité biologique est maintenant considérée comme une matière première qui intervient dans divers processus
de production (pharmacie, cosmétiques, agroalimentaire, etc.). Elle apparaît ainsi comme un capital naturel soumis à une régulation marchande,
source potentielle de profits importants pour les pays détenteurs des
ressources génétiques. C’est ce qui a pu faire croire aux pays du sud
que leur biodiversité était «l’or vert».
Très vite les pays vont s’affronter sur ce terrain. Les ressources se
trouvent en effet, pour l’essentiel, dans les pays du Sud, alors que les
utilisateurs, qui sont les industriels des biotechnologies, sont le plus
souvent représentés par des multinationales du Nord. Les pays du Sud
ne veulent plus admettre l’appropriation de leurs ressources sans contrepartie financière, et ils dénoncent les pratiques de la «biopiraterie».
En affirmant la souveraineté des États sur leur diversité biologique,
la convention entérine le droit de propriété sur le vivant et ouvre la voie
à la reconnaissance des brevets et à l’élaboration des licences d’exploitation. On a pu dire qu’à Rio le droit des brevets est sorti vainqueur du
droit de l’environnement. C’est un changement radical par rapport à
l’attitude qui avait prévalu depuis le début du XX e siècle considérant la
biodiversité comme un patrimoine commun de l’humanité: chacun
pouvait en faire usage à sa guise, utiliser sa position sociale ou son
pouvoir économique pour exploiter le vivant, et s’en approprier certaines
formes dérivées, comme les procédés et produits de sa transformation.
1.2.4 Les biotechnologies
De nos jours, les biotechnologies apparaissent comme des technologies
de pointe exploitant des processus cellulaires ou moléculaires pour
créer des produits et des services. La transgénèse consiste à transférer
une partie du patrimoine génétique d’un organisme à un organisme d’une
espèce différente. Le caractère universel du code génétique facilite de
tels transferts. En d’autres termes, l’homme peut maintenant envisager
de «diriger» l’évolution en créant de nouveaux organismes vivants.
Mais l’utilisation qui est faite des organismes génétiquement modifiés
(OGM) suscite de vifs débats dans la société. Dans le domaine médical,
le vivant est en passe également de devenir la matière première privilégiée
avec les récentes découvertes concernant les cellules-souches embryonnaires humaines.
Les biotechnologies nous sont également présentées comme des
sources majeures d’innovations dans beaucoup d’autres secteurs: la
1 • Pourquoi s’intéresser à la diversité biologique ?
tous les droits sur ces ressources et aux techniques, et grâce à un
financement adéquat». La diversité biologique est maintenant considérée comme une matière première qui intervient dans divers processus
de production (pharmacie, cosmétiques, agroalimentaire, etc.). Elle apparaît ainsi comme un capital naturel soumis à une régulation marchande,
source potentielle de profits importants pour les pays détenteurs des
ressources génétiques. C’est ce qui a pu faire croire aux pays du sud
que leur biodiversité était «l’or vert».
Très vite les pays vont s’affronter sur ce terrain. Les ressources se
trouvent en effet, pour l’essentiel, dans les pays du Sud, alors que les
utilisateurs, qui sont les industriels des biotechnologies, sont le plus
souvent représentés par des multinationales du Nord. Les pays du Sud
ne veulent plus admettre l’appropriation de leurs ressources sans contrepartie financière, et ils dénoncent les pratiques de la «biopiraterie».
En affirmant la souveraineté des États sur leur diversité biologique,
la convention entérine le droit de propriété sur le vivant et ouvre la voie
à la reconnaissance des brevets et à l’élaboration des licences d’exploitation. On a pu dire qu’à Rio le droit des brevets est sorti vainqueur du
droit de l’environnement. C’est un changement radical par rapport à
l’attitude qui avait prévalu depuis le début du XX e siècle considérant la
biodiversité comme un patrimoine commun de l’humanité: chacun
pouvait en faire usage à sa guise, utiliser sa position sociale ou son
pouvoir économique pour exploiter le vivant, et s’en approprier certaines
formes dérivées, comme les procédés et produits de sa transformation.
1.2.4 Les biotechnologies
De nos jours, les biotechnologies apparaissent comme des technologies
de pointe exploitant des processus cellulaires ou moléculaires pour
créer des produits et des services. La transgénèse consiste à transférer
une partie du patrimoine génétique d’un organisme à un organisme d’une
espèce différente. Le caractère universel du code génétique facilite de
tels transferts. En d’autres termes, l’homme peut maintenant envisager
de «diriger» l’évolution en créant de nouveaux organismes vivants.
Mais l’utilisation qui est faite des organismes génétiquement modifiés
(OGM) suscite de vifs débats dans la société. Dans le domaine médical,
le vivant est en passe également de devenir la matière première privilégiée
avec les récentes découvertes concernant les cellules-souches embryonnaires humaines.
Les biotechnologies nous sont également présentées comme des
sources majeures d’innovations dans beaucoup d’autres secteurs: la
