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9 • La conservation de la diversité biologique
9.3.3 Écologie de la réconciliation ou jardin planétaire?
La gestion de la biodiversité a évolué progressivement de la préservation
des espèces menacées dans des espaces peu anthropisés, à la restauration
des écosystèmes. Mais compte tenu de la pression démographique, et
de la difficulté de plus en plus grande d’avoir accès au foncier, on est
amené à rechercher d’autres voies. Comment concilier la gestion de la
biodiversité avec l’usage des territoires, que ce soit dans les milieux
urbains ou agricoles? Comment trouver les compromis qui permettraient
de réconcilier les intérêts économiques et la préservation de la biodiversité? Ou comment faire entrer la biodiversité dans l’économie de
marché pour la préserver? C’est cette perspective qui a été développée
par Rosenzweig en 2003 sous le nom de «win-win ecology» ou «écologie de la réconciliation». Un terme de plus qui recouvre en réalité des
pratiques diverses, dont certaines sont déjà anciennes.
L’idée de la ville excluant la Nature a vécu. Dans le «milieu urbain»,
au sens large, subsistent de nombreux espaces hébergeant une biodiversité «sauvage» souvent non négligeable. On reconnaît maintenant
l’importance de cette «Nature ordinaire» et des espaces plus ou moins
anthropisés qui l’abritent, tels que les parcs et jardins, les remblais, les
friches, etc. Sans compter que les systèmes urbains construits sont de
nouveaux écosystèmes pour les espèces. Elles peuvent s’adapter à ces
nouvelles conditions écologiques. Dans Paris, environ 1 500 espèces
animales et plus de 1200 espèces végétales ont été recensées en 2005.
La Nature existe dans la ville, notamment sous la forme d’une
«technonature» de parcs et jardins. Or les pratiques sont en train de
changer. On recrée de la Nature en ville en installant des mares sur des
bâches en plastique, en lieu et place de bacs à sable abandonnés. Ou en
créant des marais artificiels. Le gazon ras fait place aux herbes folles.
On tond partiellement les pelouses, et moins souvent, de manière à
laisser les plantes arriver à maturité. On réhabilite les orties et les ronces
afin de préserver des zones où les insectes peuvent se reproduire. On
bannit les pesticides, les désherbants et les engrais chimiques.
En milieu rural, diverses expériences ont été menées. La protection
des espèces et des milieux a d’ailleurs ses paradoxes: dans certains cas,
il est nécessaire de maintenir des activités humaines pour les protéger.
On va donc essayer d’inciter les agriculteurs à faire évoluer leurs pratiques
de manière à concilier protection de la biodiversité et activité agricole.
C’est le but de diverses mesures connues sous le nom de mesures agrienvironnementales (MAE) ou de Contrat d’agriculture durable (CAD,
depuis 2003) découlant de la réforme de la PAC en 1992. Des aides
financières sont prévues pour compenser les pertes de revenus ou les
9 • La conservation de la diversité biologique
9.3.3 Écologie de la réconciliation ou jardin planétaire?
La gestion de la biodiversité a évolué progressivement de la préservation
des espèces menacées dans des espaces peu anthropisés, à la restauration
des écosystèmes. Mais compte tenu de la pression démographique, et
de la difficulté de plus en plus grande d’avoir accès au foncier, on est
amené à rechercher d’autres voies. Comment concilier la gestion de la
biodiversité avec l’usage des territoires, que ce soit dans les milieux
urbains ou agricoles? Comment trouver les compromis qui permettraient
de réconcilier les intérêts économiques et la préservation de la biodiversité? Ou comment faire entrer la biodiversité dans l’économie de
marché pour la préserver? C’est cette perspective qui a été développée
par Rosenzweig en 2003 sous le nom de «win-win ecology» ou «écologie de la réconciliation». Un terme de plus qui recouvre en réalité des
pratiques diverses, dont certaines sont déjà anciennes.
L’idée de la ville excluant la Nature a vécu. Dans le «milieu urbain»,
au sens large, subsistent de nombreux espaces hébergeant une biodiversité «sauvage» souvent non négligeable. On reconnaît maintenant
l’importance de cette «Nature ordinaire» et des espaces plus ou moins
anthropisés qui l’abritent, tels que les parcs et jardins, les remblais, les
friches, etc. Sans compter que les systèmes urbains construits sont de
nouveaux écosystèmes pour les espèces. Elles peuvent s’adapter à ces
nouvelles conditions écologiques. Dans Paris, environ 1 500 espèces
animales et plus de 1200 espèces végétales ont été recensées en 2005.
La Nature existe dans la ville, notamment sous la forme d’une
«technonature» de parcs et jardins. Or les pratiques sont en train de
changer. On recrée de la Nature en ville en installant des mares sur des
bâches en plastique, en lieu et place de bacs à sable abandonnés. Ou en
créant des marais artificiels. Le gazon ras fait place aux herbes folles.
On tond partiellement les pelouses, et moins souvent, de manière à
laisser les plantes arriver à maturité. On réhabilite les orties et les ronces
afin de préserver des zones où les insectes peuvent se reproduire. On
bannit les pesticides, les désherbants et les engrais chimiques.
En milieu rural, diverses expériences ont été menées. La protection
des espèces et des milieux a d’ailleurs ses paradoxes: dans certains cas,
il est nécessaire de maintenir des activités humaines pour les protéger.
On va donc essayer d’inciter les agriculteurs à faire évoluer leurs pratiques
de manière à concilier protection de la biodiversité et activité agricole.
C’est le but de diverses mesures connues sous le nom de mesures agrienvironnementales (MAE) ou de Contrat d’agriculture durable (CAD,
depuis 2003) découlant de la réforme de la PAC en 1992. Des aides
financières sont prévues pour compenser les pertes de revenus ou les
