9.2 Approches de la conservation
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© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
des compromis, comme le propose le concept de développement durable,
entre un progrès économique nécessaire au bien-être de l’humanité par
nature conquérante, et une diversité biologique qui a besoin d’espaces
de liberté. En pratique, cela demande des décisions politiques: quels
types d’écosystèmes faut-il protéger en priorité? Comment doivent-ils
être répartis? Quels sont les critères qui doivent nous aider à sélectionner
les aires ou les espèces à protéger?
Différentes propositions ont été faites en matière de priorité:
• Protéger les espèces menacées. C’est une extension de l’approche
«espèces» qui trouve des applications, par exemple, dans la protection
du panda, des gorilles, et de manière générale de la grande faune
africaine par exemple.
• Protéger en priorité les lignées évolutives qui sont menacées de
disparition à la surface de la Terre. Ainsi, pourrait-on protéger les
habitats du Cœlacanthe, un poisson qui est le dernier survivant connu
de la famille des Crossoptérygiens. L’objectif est ici de préserver les
options futures en protégeant tous les grands phylums connus actuellement.
• Une démarche assez populaire est celle dite des «hotspots» ou
zones critiques (voir chapitre 2, figure 2.6). Pour certains, l’identification de ces zones critiques où la diversité biologique, fortement
endémique, est également menacée, est un moyen de sélectionner
les zones prioritaires de conservation. On a calculé qu’en dépensant
20 millions de dollars en moyenne par zone critique sur les 5 prochaines
années, on pourrait conserver une forte proportion de l’ensemble des
espèces mondiales. Ces zones critiques ont, pour beaucoup, fonctionné
comme des zones refuges durant les glaciations de l’époque Pléistocène. On peut faire l’hypothèse qu’elles pourraient servir également
de sanctuaires par rapport aux activités humaines, actuelles et à venir,
permettant ainsi à la faune et à la flore de passer un cap. C’est pourquoi on les appelle parfois «refuges Holocène».
Il ne faut cependant pas occulter le fait que nombre de ces hotspots
se trouvent dans des pays où les conditions économiques sont difficiles
et ne permettent pas de véritables politiques de conservation, alors
qu’une grande partie du milieu originel a déjà été détruite. C’est le cas
par exemple de Sri Lanka, de Madagascar, ou de la forêt atlantique du
Brésil. Il ne faudrait surtout pas profiter du fait que ces pays sont vulnérables sur le plan économique pour en faire des «réserves indiennes»,
à grands coups de dollars, sous le contrôle d’une police internationale
composée pour l’essentiel de représentants des pays riches…
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© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
des compromis, comme le propose le concept de développement durable,
entre un progrès économique nécessaire au bien-être de l’humanité par
nature conquérante, et une diversité biologique qui a besoin d’espaces
de liberté. En pratique, cela demande des décisions politiques: quels
types d’écosystèmes faut-il protéger en priorité? Comment doivent-ils
être répartis? Quels sont les critères qui doivent nous aider à sélectionner
les aires ou les espèces à protéger?
Différentes propositions ont été faites en matière de priorité:
• Protéger les espèces menacées. C’est une extension de l’approche
«espèces» qui trouve des applications, par exemple, dans la protection
du panda, des gorilles, et de manière générale de la grande faune
africaine par exemple.
• Protéger en priorité les lignées évolutives qui sont menacées de
disparition à la surface de la Terre. Ainsi, pourrait-on protéger les
habitats du Cœlacanthe, un poisson qui est le dernier survivant connu
de la famille des Crossoptérygiens. L’objectif est ici de préserver les
options futures en protégeant tous les grands phylums connus actuellement.
• Une démarche assez populaire est celle dite des «hotspots» ou
zones critiques (voir chapitre 2, figure 2.6). Pour certains, l’identification de ces zones critiques où la diversité biologique, fortement
endémique, est également menacée, est un moyen de sélectionner
les zones prioritaires de conservation. On a calculé qu’en dépensant
20 millions de dollars en moyenne par zone critique sur les 5 prochaines
années, on pourrait conserver une forte proportion de l’ensemble des
espèces mondiales. Ces zones critiques ont, pour beaucoup, fonctionné
comme des zones refuges durant les glaciations de l’époque Pléistocène. On peut faire l’hypothèse qu’elles pourraient servir également
de sanctuaires par rapport aux activités humaines, actuelles et à venir,
permettant ainsi à la faune et à la flore de passer un cap. C’est pourquoi on les appelle parfois «refuges Holocène».
Il ne faut cependant pas occulter le fait que nombre de ces hotspots
se trouvent dans des pays où les conditions économiques sont difficiles
et ne permettent pas de véritables politiques de conservation, alors
qu’une grande partie du milieu originel a déjà été détruite. C’est le cas
par exemple de Sri Lanka, de Madagascar, ou de la forêt atlantique du
Brésil. Il ne faudrait surtout pas profiter du fait que ces pays sont vulnérables sur le plan économique pour en faire des «réserves indiennes»,
à grands coups de dollars, sous le contrôle d’une police internationale
composée pour l’essentiel de représentants des pays riches…
