212
9 • La conservation de la diversité biologique
la protection légale des espèces menacées, l’amélioration des plans de
gestion et l’établissement de réserves pour protéger des espèces particulières ou des ressources génétiques uniques. Ce type de conservation
permet aux communautés animales et végétales de poursuivre leur
évolution en s’adaptant aux changements de l’environnement, et
concerne un grand nombre d’espèces sans nécessité d’en faire l’inventaire préalable. Cependant, la conservation in situ n’est pas toujours
possible car de nombreux habitats sont déjà très perturbés, et certains
ont même disparu. On a alors recours à la conservation ex situ qui
consiste à préserver les espèces en dehors de leur habitat naturel. C’est
l’un des rôles dévolus aux jardins botaniques et zoologiques, mais on
fait également appel à d’autres méthodes comme les banques de gènes.
9.2.2 Conserver les espèces ou les écosystèmes?
Depuis que l’homme s’intéresse à la Nature, il s’est tourné vers les
espèces, plus faciles à étudier de manière générale que les écosystèmes.
Il les a inventoriées. Il a dressé des listes d’espèces disparues, en voie
d’extinction, ou à protéger. Certaines d’entre elles ont un fort pouvoir
symbolique et charismatique. Le panda par exemple est l’emblème
d’une ONG (le Fonds mondial pour la Nature ou WWF), le macareux
celui de la LPO (Ligue de protection des oiseaux), et la loutre a longtemps été le symbole de la conservation de la Nature pour le Conseil de
l’Europe. On peut dire de manière générale que l’approche «espèces»
est bien ancrée dans le monde de la protection de la Nature. Mais les
idées en la matière ont évolué. Pour beaucoup, une politique de
conservation de la diversité biologique doit avant tout privilégier la
sauvegarde des écosystèmes car la protection des espèces est illusoire
si l’on ne protège pas simultanément leurs habitats naturels. C’est
d’ailleurs la conservation des écosystèmes qui est recommandée par la
Convention sur la diversité biologique. Elle est mise en œuvre à travers
les politiques de zones protégées ou de gestion durable. Le but ultime
est d’assurer le maintien de la diversité des écosystèmes ainsi que celle
de leurs composantes. La directive européenne «Habitat» qui doit
aboutir au réseau Natura 2000 (voir plus loin) répond à ces priorités.
9.2.3 Quelles priorités en matière de conservation?
Pourrait-on proposer de mettre toute la biosphère en réserve? Cette
suggestion n’est pas réaliste car les activités humaines impliquent à la
fois des comportements prédateurs et l’occupation de terres à des fins
agricoles et/ou urbaines. La logique voudrait donc que l’on recherche
9 • La conservation de la diversité biologique
la protection légale des espèces menacées, l’amélioration des plans de
gestion et l’établissement de réserves pour protéger des espèces particulières ou des ressources génétiques uniques. Ce type de conservation
permet aux communautés animales et végétales de poursuivre leur
évolution en s’adaptant aux changements de l’environnement, et
concerne un grand nombre d’espèces sans nécessité d’en faire l’inventaire préalable. Cependant, la conservation in situ n’est pas toujours
possible car de nombreux habitats sont déjà très perturbés, et certains
ont même disparu. On a alors recours à la conservation ex situ qui
consiste à préserver les espèces en dehors de leur habitat naturel. C’est
l’un des rôles dévolus aux jardins botaniques et zoologiques, mais on
fait également appel à d’autres méthodes comme les banques de gènes.
9.2.2 Conserver les espèces ou les écosystèmes?
Depuis que l’homme s’intéresse à la Nature, il s’est tourné vers les
espèces, plus faciles à étudier de manière générale que les écosystèmes.
Il les a inventoriées. Il a dressé des listes d’espèces disparues, en voie
d’extinction, ou à protéger. Certaines d’entre elles ont un fort pouvoir
symbolique et charismatique. Le panda par exemple est l’emblème
d’une ONG (le Fonds mondial pour la Nature ou WWF), le macareux
celui de la LPO (Ligue de protection des oiseaux), et la loutre a longtemps été le symbole de la conservation de la Nature pour le Conseil de
l’Europe. On peut dire de manière générale que l’approche «espèces»
est bien ancrée dans le monde de la protection de la Nature. Mais les
idées en la matière ont évolué. Pour beaucoup, une politique de
conservation de la diversité biologique doit avant tout privilégier la
sauvegarde des écosystèmes car la protection des espèces est illusoire
si l’on ne protège pas simultanément leurs habitats naturels. C’est
d’ailleurs la conservation des écosystèmes qui est recommandée par la
Convention sur la diversité biologique. Elle est mise en œuvre à travers
les politiques de zones protégées ou de gestion durable. Le but ultime
est d’assurer le maintien de la diversité des écosystèmes ainsi que celle
de leurs composantes. La directive européenne «Habitat» qui doit
aboutir au réseau Natura 2000 (voir plus loin) répond à ces priorités.
9.2.3 Quelles priorités en matière de conservation?
Pourrait-on proposer de mettre toute la biosphère en réserve? Cette
suggestion n’est pas réaliste car les activités humaines impliquent à la
fois des comportements prédateurs et l’occupation de terres à des fins
agricoles et/ou urbaines. La logique voudrait donc que l’on recherche
