9.1 Pourquoi protéger la diversité biologique?
209
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
9.1 POURQUOI PROTÉGER
LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE?
Pendant longtemps, les scientifiques ont accumulé des connaissances
sur la Nature, sans se préoccuper de la conservation des systèmes naturels
et de leur diversité biologique. Réservoir en apparence inépuisable,
cette Nature fournissait aux hommes ce dont ils avaient besoin tout en
constituant un vaste lieu d’épandage de déchets et de polluants. Au
cours du XX e  siècle, cette attitude a beaucoup évolué.
D’une part dans les sociétés européennes du XIX e  siècle, on cherche
à promouvoir une exploitation plus rationnelle des richesses de la
Nature. Il s’agit de maintenir les conditions les plus favorables au renouvellement des ressources vivantes de manière à assurer la pérennité de
l’exploitation: préservation rime alors avec production.
De cette démarche productiviste naît, en réaction, la première
conscience écologique naturaliste qui est de nature protectionniste: sa
philosophie est le maintien du statu quo de tel ou tel élément de la
nature «sauvage». On met l’accent sur la conservation d’espaces de
nature vierge et inviolable, sanctuaires de grande valeur paysagère,
faunistique ou floristique, les «monuments naturels» en quelque sorte.
C’est ainsi qu’ont été créés des parcs naturels et des aires protégées dans
de nombreux pays. Considéré comme la menace principale, l’homme, de
manière générale, en est exclu.
Les termes conservation, préservation, protection, recouvrent
une large diversité de pratiques. Ils sont utilisés parfois indifféremment ou avec des sens différents selon les pays et les interlocuteurs.
Il en résulte une certaine confusion dans les discours. Nous proposerons donc d’utiliser les définitions suivantes:
La conservation est une démarche qui consiste à prendre en compte
la viabilité à long terme des écosystèmes dans les projets de gestion
des ressources et des milieux. Dans le sens anglo-saxon du terme,
c’est une protection qui n’interdit pas que l’homme intervienne
dans les processus naturels; c’est une philosophie de la gestion de
l’environnement qui n’entraîne ni son gaspillage, ni son épuisement.
Le terme protection sera réservé aux opérations visant explicitement
à sauvegarder des milieux ou des espèces menacés par les activités
humaines. Il s’agit de mettre en défens des écosystèmes particuliers.
Précédent

- 222/274

Suivant