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9 • La conservation de la diversité biologique
Terre. Il est donc nécessaire de prendre rapidement des mesures. Les
objectifs affichés sont à la fois très ambitieux et très vagues: favoriser
le développement durable en protégeant et en utilisant les ressources
biologiques sans réduire pour autant la diversité des espèces ni détruire
les habitats et les écosystèmes importants. La Convention se contente
de donner des directives générales, laissant à chaque pays le soin de
prendre les mesures appropriées en fonction du contexte géographique
et social. Il en résulte une assez grande hétérogénéité des démarches,
et quelques difficultés pour élaborer des politiques nationales surtout
lorsque la compétition économique internationale exerce de fortes
contraintes.
Une évidence s’impose: si ce sont les activités humaines qui sont les
causes immédiates de l’érosion de la diversité biologique, il faut
rechercher les solutions et les remèdes dans le comportement des
sociétés elles-mêmes. Autrement dit, la conservation de la diversité
biologique dépend des choix qui sont faits en matière de développement,
tant au niveau national qu’au niveau international. Certes il est important
de solliciter la science pour s’informer et agir en connaissance de cause,
mais la société doit assumer ses choix économiques.
L’idée de protection de la Nature est propre à l’Occident moderne
car elle suppose une dualité clairement établie entre deux domaines
ontologiques: les humains d’une part et les non-humains d’autre
part. Dans un tel contexte on croit que la Nature existe en tant que
domaine autonome, séparé des activités sociales. Les hommes,
maîtres et possesseurs des ressources de la Nature, se sentent
naturellement investis de la mission d’en assurer la préservation.
Mais cette conception de la Nature n’est pas partagée par d’autres
civilisations qui confèrent aux plantes et aux animaux les attributs
de la vie sociale, Ces différences culturelles dans la perception des
environnements sont à l’origine de malentendus entre des mouvements de conservation de la Nature et les populations de pays en
voie de développement. Pourtant, dans l’esprit de la CDB,
diversité biologique et diversité culturelle sont étroitement liées. Le
souci de préserver la biodiversité rejoint souvent celui de maintenir
des savoir-faire locaux.
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