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8 • La Nature « utile » : valeurs et usages de la diversité biologique
quelle est leur contribution réelle à l’économie locale dans la mesure où
ces biens n’apparaissent pas dans les comptes des ménages. La faune
sauvage contribue également de manière significative à l’alimentation
humaine. De nombreuses sociétés rurales, notamment en milieu tropical,
consomment diverses espèces d’invertébrés: insectes (termites, sauterelles, etc.), chenilles, mollusques. Des produits comme le miel sont
également très recherchés. Plusieurs espèces de vertébrés (mammifères,
oiseaux, reptiles) sont chassées pour leur viande et la pêche en mer ou en
eaux continentales est la principale source de protéines dans le monde.
Les prélèvements annuels en milieu aquatique sont estimés à près de
100 millions de tonnes, soit une valeur estimée de l’ordre de 100 milliards
d’euros. Ces prélèvements sont proches des limites acceptables pour
que le renouvellement des ressources ne soit pas compromis. En réalité
plusieurs stocks sont surexploités.
8.4.2 Les produits de l’extractivisme
Le terme extractivisme désigne l’exploitation commerciale des produits
forestiers non ligneux, tels que les fruits, les gommes et résines, les
huiles, les fibres, etc. En Amazonie, on a estimé que la valeur commerciale de 12 produits forestiers divers (fruits, caoutchouc, etc.) était de
420 dollars américains ha –1 an –1 . Mais ces évaluations sont très dépendantes de la proximité des marchés et des voies de communication,
ainsi que des débouchés possibles auprès des consommateurs des pays
industrialisés.
On connaît l’histoire du caoutchouc et la compétition économique à
laquelle a donné lieu ce produit essentiel de l’industrie occidentale.
Même si l’on produit actuellement du caoutchouc synthétique, le latex
issu de l’hévéa continue à être recherché pour certaines de ses propriétés
qui ne se retrouvent pas dans le produit industriel. À l’heure actuelle,
environ 5 millions de tonnes de caoutchouc naturel sont produites,
essentiellement par les pays asiatiques, contre 10 millions de tonnes de
synthétique.
Dans l’industrie textile, le coton a également une histoire ancienne et
complexe. Domestiqué il y a environ 5 000 ans, à la fois en Perse (d’où
il a gagné l’Inde), au Pérou et au Mexique, il fut d’abord un produit de
luxe, avant que le coton américain, bon marché, ne devienne populaire
en Europe au XVIII e siècle. D’autres produits textiles tels que le chanvre,
le lin, la laine, la soie, voire le cuir, sont, eux aussi, issus de végétaux et
d’animaux. Tous ces produits qui ont joué un rôle important dans l’économie mondiale, sont encore largement utilisés malgré la concurrence des
produits synthétiques.
8 • La Nature « utile » : valeurs et usages de la diversité biologique
quelle est leur contribution réelle à l’économie locale dans la mesure où
ces biens n’apparaissent pas dans les comptes des ménages. La faune
sauvage contribue également de manière significative à l’alimentation
humaine. De nombreuses sociétés rurales, notamment en milieu tropical,
consomment diverses espèces d’invertébrés: insectes (termites, sauterelles, etc.), chenilles, mollusques. Des produits comme le miel sont
également très recherchés. Plusieurs espèces de vertébrés (mammifères,
oiseaux, reptiles) sont chassées pour leur viande et la pêche en mer ou en
eaux continentales est la principale source de protéines dans le monde.
Les prélèvements annuels en milieu aquatique sont estimés à près de
100 millions de tonnes, soit une valeur estimée de l’ordre de 100 milliards
d’euros. Ces prélèvements sont proches des limites acceptables pour
que le renouvellement des ressources ne soit pas compromis. En réalité
plusieurs stocks sont surexploités.
8.4.2 Les produits de l’extractivisme
Le terme extractivisme désigne l’exploitation commerciale des produits
forestiers non ligneux, tels que les fruits, les gommes et résines, les
huiles, les fibres, etc. En Amazonie, on a estimé que la valeur commerciale de 12 produits forestiers divers (fruits, caoutchouc, etc.) était de
420 dollars américains ha –1 an –1 . Mais ces évaluations sont très dépendantes de la proximité des marchés et des voies de communication,
ainsi que des débouchés possibles auprès des consommateurs des pays
industrialisés.
On connaît l’histoire du caoutchouc et la compétition économique à
laquelle a donné lieu ce produit essentiel de l’industrie occidentale.
Même si l’on produit actuellement du caoutchouc synthétique, le latex
issu de l’hévéa continue à être recherché pour certaines de ses propriétés
qui ne se retrouvent pas dans le produit industriel. À l’heure actuelle,
environ 5 millions de tonnes de caoutchouc naturel sont produites,
essentiellement par les pays asiatiques, contre 10 millions de tonnes de
synthétique.
Dans l’industrie textile, le coton a également une histoire ancienne et
complexe. Domestiqué il y a environ 5 000 ans, à la fois en Perse (d’où
il a gagné l’Inde), au Pérou et au Mexique, il fut d’abord un produit de
luxe, avant que le coton américain, bon marché, ne devienne populaire
en Europe au XVIII e siècle. D’autres produits textiles tels que le chanvre,
le lin, la laine, la soie, voire le cuir, sont, eux aussi, issus de végétaux et
d’animaux. Tous ces produits qui ont joué un rôle important dans l’économie mondiale, sont encore largement utilisés malgré la concurrence des
produits synthétiques.
