8.4 Les usages de la diversité biologique
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des services et remplissent gratuitement des fonctions alors que les
infrastructures artificielles qui remplissent des fonctions similaires telles
que les stations d’épuration ou les barrages ont un coût pour la société.
Si les services rendus par les systèmes écologiques étaient payés à
hauteur de leur contribution à l’économie globale, il est évident que le
système de prix serait très différent de celui qui existe actuellement.
Mais comment passer à l’aspect opérationnel? La ville de New York a
investi en 1996 1 à 1,5 milliard de dollars en capital naturel en espérant
une économie de 6-8 milliards de dollars en 10 ans. L’eau qui sert à
alimenter la ville vient des Catskill mountains. Pendant longtemps,
l’autoépuration par filtration dans les sols a été suffisante pour répondre
aux standards de qualité de l’EPA (Environmental Protection Agency).
Mais compte tenu de l’abondance des rejets, des engrais et des pesticides,
l’épuration naturelle n’était plus suffisante et la ville s’est trouvée
confrontée à un choix: ou bien construire une station d’épuration de 6 à
8 milliards de dollars auquel il faut ajouter 300 millions d’entretien
annuel, ou bien restaurer l’intégrité des écosystèmes des Catskill
mountains. L’investissement en capital naturel dans ce cas consiste à
acheter les terres autour et dans le bassin-versant pour en limiter l’usage.
8.4 LES USAGES DE LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE
En plus des ressources génétiques dont nous avons parlé dans le chapitre
précédent, les hommes font de nombreux usages de la diversité biologique dont certains peuvent être évalués sur le plan économique.
8.4.1 Usages alimentaires des ressources vivantes
Les activités de prélèvements dans le milieu naturel (cueillette, pêche,
etc.) qui constituent une pratique très ancienne dans l’histoire de l’humanité, sont toujours importantes, quoique plus diversifiées et de nature
différente selon l’état de développement économique des régions du
monde.
Dans de nombreux pays, les plantes sauvages et semi-sauvages
contribuent à la sécurité alimentaire et à la santé des populations. Il
s’agit aussi bien de feuilles, de racines, de tubercules, de fruits, que de
champignons. Certaines sont considérées comme des aliments recherchés,
ou jouent un rôle indispensable dans le régime des populations rurales
qui vivent de l’agriculture de subsistance, en fournissant vitamines et
minéraux. Diverses observations laissent penser que la part de ces
plantes dans l’alimentation est très importante, mais on ignore souvent
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